▲1.1 Un homme était en terre de
’Ous. Son nom : Iob. Cet homme est intègre et droit; il frémit
d’Elohîms et s’écarte du mal. 1.2 Sept
fils et trois filles sont enfantés pour lui. 1.3 Et
c’est son cheptel : sept mille ovins, trois mille chameaux, cinq cents
paires de bovins, cinq cents ânesses, et une domesticité fort
nombreuse. Et c’est cet homme, plus grand que tous les fils du Levant. 1.4 Ses
fils vont et font un festin dans la maison de l’un d’eux, en ce jour.
Ils envoient et invitent leurs trois sœurs à manger et boire avec eux. 1.5 Et
c’est quand les jours du festin sont bouclés, Iob envoie pour les
consacrer. Il se lève de grand matin et fait monter des montées d’après
le nombre de tous. Oui, Iob dit : « Peut-être mes fils ont-ils fauté,
’bénissant’ Elohîms en leur cœur. » Iob fait ainsi tous les jours. 1.6 Et
c’est le jour, les fils d’Elohîms viennent se poster devant
IHVH-Adonaï. Mais le Satân vient aussi avec eux. 1.7
IHVH-Adonaï dit au Satân : « D’où viens-tu? Le Satân répond à
IHVH-Adonaï et dit : « De naviguer sur terre et d’y cheminer. » 1.8
IHVH-Adonaï dit au Satân : « As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Iob?
Non, il n’est pas sur terre d’homme semblable à lui, intègre et droit.
Il frémit d’Elohîms et s’écarte du mal. » 1.9 Le
Satân répond à IHVH-Adonaï et dit : « Est-ce gratuitement que Iob
frémit d’Elohîms? 1.10
N’est-ce pas toi-même qui l’a couvert, lui, sa maison, et tout ce qui
est à lui, autour? Tu bénis l’œuvre de ses mains, et son cheptel fait
brèche sur terre. 1.11
Cependant, envoie donc ta main, touche à tout ce qu’il a : il te
’bénira’, contre tes faces »! 1.12
IHVH-Adonaï dit au Satân : « Voici, tout ce qui est à lui est en ta
main. Seulement, n’envoie pas ta main contre lui! » Le Satân sort loin
des faces de IHVH-Adonaï. 1.13 Et
c’est le jour, ses fils et ses filles mangent et boivent du vin dans la
maison de leur frère aîné. 1.14 Un
messager vient vers Iob et dit : « Les bovins étaient au labour, et les
ânesses paissaient sous leurs mains. 1.15 Sheba
tombe, les prend et frappe les adolescents à bouche d’épée. Je me suis
échappé, moi seulement, tout seul, pour te le rapporter. » 1.16
Celui-là parle encore, quand celui-ci vient et dit : « Le feu d’Elohîms
est tombé des ciels; il a brûlé les ovins et les adolescents; il les a
dévorés. Je me suis échappé, moi seulement, tout seul, pour te le
rapporter. » 1.17
Celui-là parle encore, quand celui-ci vient et dit : « Les Kasdîm ont
mis trois têtes. Ils se sont déployés contre les chameaux et les ont
pris. Ils ont frappé les adolescents à bouche d’épée. Je me suis
échappé, moi seulement, tout seul, pour te le rapporter. » 1.18 Tandis
que celui-là parle, celui-ci vient et dit : « Tes fils et tes filles
mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné. 1.19 Et
voici, un grand souffle est venu du côté du désert. Il a touché les
quatre coins de la maison. Elle est tombée sur les adolescents. Ils
sont morts. Je me suis échappé, moi seulement, tout seul, pour te le
rapporter » 1.20 Iob se
lève, déchire son manteau, se rase la tête, tombe à terre, se prosterne 1.21 et dit
: « Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai là.
IHVH-Adonaï a donné, IHVH-Adonaï a pris : le nom de IHVH-Adonaï est
béni! » 1.22 En
tout cela Iob ne faute pas. Il ne donne pas de fadeur à Elohîms. ▲2.1 Et c’est le jour, les fils
d’Elohîms viennent se poster devant IHVH-Adonaï. Le Satân vient aussi,
parmi eux, se poster devant IHVH-Adonaï. 2.2
IHVH-Adonaï dit au Satân : « D’où viens-tu donc? Le Satân répond à
IHVH-Adonaï et dit : « De naviguer sur terre et d’y cheminer. » 2.3
IHVH-Adonaï dit au Satân : « As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Iob?
Non, il n’est pas sur terre d’homme semblable à lui, intègre et droit.
Il frémit d’Elohîms, s’écarte du mal et affermit encore son intégrité.
Mais tu m’incites contre lui à l’engloutir gratuitement! » 2.4 Le
Satân répond à IHVH-Adonaï et dit : « Peau pour peau! Tout ce que
l’homme a, il le donne pour son être! 2.5
Pourtant, envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, et il te
’bénira’, contre tes faces »! 2.6
IHVH-Adonaï dit au Satân : « Le voici dans ta main; mais préserve son
être! » 2.7 Le
Satân sort loin des faces de IHVH-Adonaï. Il frappe Iob d’un ulcère
malin, de la plante de son pied jusqu’à son crâne 2.8 Il se
prend un tesson pour se gratter avec, lui, assis au milieu de cendres. 2.9 Sa
femme lui dit : « Tu t’affermis encore en ton intégrité? ’Bénis’
Elohîms et meurs! » 2.10 Il lui
dit : « Tu parles comme parle une de ces charognes! Nous acceptons le
bien d’Elohîms : n’accepterions-nous pas aussi le mal? En tout cela Iob
n’a pas fauté de ses lèvres. 2.11 Les
trois compagnons de Iob entendent tout ce malheur venu contre lui. Ils
viennent, chacun de son lieu : Èliphaz le Téimani, Bildad le Shouhi, et
Sophar le Na’amati. Ils se concertent ensemble pour venir hocher sur
lui et le réconforter. 2.12 Ils
lèvent leurs yeux de loin et ne le reconnaissent pas. Ils lèvent leur
voix et pleurent; chacun déchire son manteau. Ils jettent de la
poussière sur leur tête et contre les ciels. 2.13 Ils
siègent avec lui à terre sept jours et sept nuits. Nul ne lui dit une
parole : oui, ils voient que la douleur est très grande. ▲3.1 Après quoi, Iob ouvre sa
bouche et maudit son jour. 3.2 Iob
répond et dit : 3.3 Périsse
le jour où je fus enfanté, la nuit qui dit : « Un mâle est conçu »! 3.4 Que ce
jour-là soit ténèbre! Qu’Eloha, d’en haut, ne le cherche pas! Que la
luminosité n’apparaisse pas sur lui! 3.5 Que la
ténèbre et l’ombremort le rachètent! Que la nuée l’habite! Que les
éclipses du jour le terrifient! 3.6 Cette
nuit-là, que l’obscurité la prenne! Qu’elle ne soit pas incluse dans
les jours de l’année! Qu’elle ne vienne pas au nombre des lunes! 3.7 Voici,
que cette nuit-là soit bréhaigne; que la jubilation n’y vienne pas : 3.8 Que
ceux qui honnissent le jour la percent, et les furies, qu’éveille
Leviatân! 3.9 Que les
étoiles de son crépuscule s’enténèbrent! Qu’elle espère la lumière,
sans rien! Qu’elle ne voie pas les paupières de l’aube, 3.10 car
elle n’a pas fermé les portes de mon ventre, pour cacher la souffrance
à mes yeux! 3.11
Pourquoi ne suis-je pas mort dans la matrice, du ventre sorti pour
agoniser? 3.12
Pourquoi deux genoux m’ont-ils accueilli; et plus, deux seins pour que
je tète? 3.13 Oui,
maintenant je serais couché et paisible; je sommeillerais; je me
reposerais, alors, 3.14 avec
des rois, des conseillers de la terre, qui se bâtissent des mausolées. 3.15 Ou
avec des chefs qui ont de l’or à eux et remplissent leurs maisons
d’argent. 3.16
Pourquoi ne suis-je pas comme l’avorton enfoui, comme les nourrissons
qui n’ont pas vu la lumière? 3.17 Là,
les criminels cessent d’exaspérer, et là se reposent les épuisés, sans
force. 3.18
Ensemble, les captifs sont sereins : ils n’entendent plus la voix du
tyran. 3.19 Petits
et grands sont là, et le serviteur libre de son maître. 3.20
Pourquoi donne-t-il la lumière au besogneux, la vie aux êtres amers? 3.21 Ils
attendent la mort, mais elle ne vient pas. Ils fouillent, mieux que
pour des magots, afin de la trouver. 3.22 Ils
jubilent de joie, ils exultent, quand ils trouvent un sépulcre 3.23 pour
le brave dont la route est cachée et qu’Eloha cloisonne. 3.24 Oui,
en face de mon pain surgit mon gémissement, et mes rugissements
déferlent comme des eaux. 3.25 Oui,
je tremble de tremblement; il m’atteint. Ce qui m’épouvantait est
survenu contre moi. 3.26 Je ne
m’apaise pas, je ne me calme pas, je ne me repose pas : l’exaspération
est venue. ▲4.1 Èliphaz le Téimani répond
et dit : 4.2 Te
lasseras-tu à éprouver la parole contre toi? Mais qui peut refréner les
mots? 4.3 Voici,
tu en as renforcé plusieurs, et fortifié des mains lâches. 4.4 Tes
mots ont relevé qui trébuche, et affermi des genoux ployés. 4.5 Mais
maintenant que cela est venu contre toi, tu es las! Cela te touche, et
tu t’affoles! 4.6 Ton
frémissement n’est-il pas ton aplomb? ton espoir, l’intégrité de tes
routes? 4.7
Souviens-toi donc! Quel innocent a péri? Ou bien des équitables ont-ils
été biffés? 4.8 Comme
je l’ai vu, les laboureurs de fraude et les semeurs de souffrance les
moissonnent. 4.9 Par
l’haleine d’Eloha, ils périssent; par le souffle de sa narine ils sont
achevés. 4.10
Rugissement du lion, voix du vieux félin! Les dents des lionceaux sont
fracassées! 4.11 Le
lion périt sans proie; les fils de félidés se dispersent. 4.12 Vers
moi, une parole s’est dérobée; mon oreille l’a vite saisie. 4.13 Aux
cauchemars des songes de la nuit, quand la torpeur tombe sur les hommes, 4.14 un
tremblement m’a saisi, une secousse; la plupart de mes os en
tremblaient. 4.15 Un
souffle passait sur mes faces; il hérissait le poil de ma chair. 4.16 Il se
dressait, mais je ne reconnaissais pas son aspect, l’image contre mes
yeux. Silence… Puis j’ai entendu une voix : 4.17 «
L’homme est-il juste contre Eloha? Ou, plus que son auteur, le brave
serait-il pur? 4.18
Certes, il ne se fie pas à ses serviteurs; même en ses messagers il met
le désaveu. 4.19 Plus
encore les habitants de maisons d’argile, dont les fondations sont de
poussière, écrasés plus vite qu’une mite. 4.20 Du
matin au soir ils sont brisés sans remise et périssent à jamais. 4.21 Leur
amarre ne part-elle pas avec eux? Ils meurent, mais non dans la
sagesse. » ▲5.1 Crie donc! Existe-t-il, ton
interlocuteur? Auquel des êtres consacrés feras-tu face? 5.2 Oui,
l’exaspération tue le dément; l’ardeur met à mort le niais. 5.3 Moi,
j’ai vu le dément s’enraciner; j’ai honni son oasis, soudain. 5.4 Ses
fils s’éloignent du salut, accablés à la porte sans sauveteur. 5.5 Sa
moisson, l’affamé la mange, il la prend parmi les acanthes; les
jeûneurs aspirent leur fortune. 5.6 Non, la
fraude ne sort pas de la poussière; de la glèbe, la peine ne germe pas. 5.7 Oui,
l’humain est enfanté pour la peine, et les fils de Rèshèph se haussent
pour voler. 5.8
Pourtant, moi je cherche Él; je mets ma parole auprès d’Elohîms, 5.9 auteur
de grandeurs insondables, de prodiges sans nombre, 5.10
donneur de pluie sur les faces de la terre, envoyeur d’eau sur les
faces des allées. 5.11 Il
relève les abattus en haut; les assombris culminent de salut. 5.12 Il
annule les pensées des rusés; leurs mains n’agissent pas avec
efficacité. 5.13 Il
prend les sages dans leurs ruses; le conseil des retors avorte. 5.14 De
jour, ils rencontrent la ténèbre; et, comme dans la nuit, ils tâtonnent
à midi. 5.15 Il
sauve le pauvre de l’épée de leur bouche et de la main du fort. 5.16 C’est
l’espoir du gueux : la forfaiture boucle sa bouche. 5.17 Voici
les marches de l’homme qu’admoneste Eloha! Ne rejette pas la discipline
de Shadaï! 5.18 Oui,
il endolorit et panse; il mutile, mais ses mains guérissent. 5.19 Il te
secourt de six détresses; et dans la septième, le mal ne te touche pas. 5.20
Pendant la famine, il te rachète de la mort; pendant la guerre, de la
main de l’épée. 5.21
Dissimule-toi au fouet de la langue : tu ne frémiras pas de la razzia
quand elle surviendra. 5.22 Tu te
ris de la razzia, de la malefaim, et ne frémiras pas de l’animal de la
terre. 5.23 Oui,
ton pacte est avec les pierres du champ; l’animal du champ fait la paix
avec toi. 5.24 Tu le
sais, oui, ta tente est paix; tu inspectes ton oasis et ne faute pas. 5.25 Tu le
sais, oui, ta semence est nombreuse; tes rejetons semblables à l’herbe
de la terre. 5.26 Tu
viens en pétulance au sépulcre, comme la meule monte à temps. 5.27 Voici,
cela, nous l’avons sondé. C’est ainsi! Entends donc, et toi, sache-le
pour toi-même! ▲6.1 Iob répond et dit : 6.2 Si mon
exaspération était pesée, pesée, avec mon infortune portées ensemble
sur les balances, 6.3 oui,
maintenant cela serait plus lourd que le sable des mers. Aussi, mes
paroles divaguent. 6.4 Oui,
les flèches de Shadaï sont contre moi, leur venin que boit mon souffle.
Les paniques d’Eloha se rangent contre moi. 6.5
L’onagre ne grogne-t-il pas pour du gazon? Le bœuf ne mugit-il pas pour
sa pitance? 6.6 Une
fadeur se mange-t-elle sans sel? A-t-elle un goût, la sève de buglosse? 6.7 Mon
être refuse d’y toucher : c’est comme mon pain de dolence. 6.8 Qui
donnera qu’arrive ma demande, et qu’Eloha me donne mon espoir? 6.9
Qu’Eloha se résolve et m’accable, qu’il délie sa main et me ravisse :
ce serait encore mon réconfort! 6.10 Je
tressaillerais dans un spasme sans compassion : du moins, je n’aurais
pas biffé les dits du sacré! 6.11 Quelle
est ma force pour que je patiente? Quelle est ma fin, pour que je
prolonge mon être? 6.12 Ma
force est-elle force de pierres? ma chair, de bronze? 6.13 Non,
mon aide n’est pas en moi; l’efficacité a été bannie loin de moi. 6.14 Qui
rejette le chérissement de son compagnon? Qui abandonne le frémissement
de Shadaï? 6.15 Mes
frères trahissent comme un torrent, comme le lit où passent les
torrents. 6.16
Sombres de glace, la neige les occulte. 6.17 Au
temps où ils se réchauffent, ils disparaissent; à la chaleur, ils
s’évanouissent loin de leur lieu. 6.18 Les
caravanes s’infiltrent sur leur route; elles montent en tohu et
périssent. 6.19 Les
caravanes de Téima les regardent; les convois de Sheba les espèrent. 6.20 Ils
blêmissent d’avoir été sûrs; venus jusqu’à eux, ils s’atterrent. 6.21 Oui,
maintenant vous êtes comme lui; vous voyez la consternation et vous
frémissez. 6.22 Ai-je
dit : « Offrez-moi de votre force, soudoyez-moi, 6.23
faites-moi échapper à la main de l’oppresseur, de la main des violents
rachetez-moi? » 6.24
Enseignez-moi, je me tairai; faites-moi discerner en quoi j’ai erré. 6.25 Quelle
véhémence dans les dits de droiture! Mais qu’exhorte-t-elle, votre
exhortation? 6.26
Pensez-vous exhorter par des mots; d’un souffle, les dires du désespéré? 6.27 Vous
tombez contre l’orphelin même; vous sapez contre votre ami. 6.28
Maintenant, résolvez-vous à faire face, et, de vos faces, voir si je me
trompe! 6.29
Retournez donc, qu’il ne soit pas de forfaiture; retournez encore : ma
justification est là. 6.30 La
forfaiture existe-t-elle sur ma langue? Ou bien mon palais ne
discerne-t-il pas les infortunes? ▲7.1 N’est-ce pas une corvée,
pour l’homme, sur terre? Et ses jours ne sont-ils pas comme les jours
d’un salarié? 7.2 Comme
le serf aspire à l’ombre, comme le salarié espère son travail, 7.3 ainsi
suis-je mis en possession de lunes vaines; des nuits de tourment me
sont imparties. 7.4 Si je
me couche, je dis : « Quand me lèverai-je? Et le soir dépasse la
mesure. Je me rassasie d’errance jusqu’au crépuscule. 7.5 Ma
chair s’est vêtue de putréfaction, de croûte, de poussière; ma peau,
sidérée, suppure. 7.6 Mes
jours sont plus légers que la navette; ils s’achèvent sans nul espoir. 7.7
Souviens-toi de ce que ma vie est un souffle; mon œil ne retourne pas
voir le bien. 7.8 L’œil
de qui me voit ne me fixe plus; tes yeux sont sur moi, mais je ne suis
plus! 7.9 La nuée
s’achève et va; ainsi le gisant du Shéol n’en remonte pas. 7.10 Il ne
retourne plus vers sa maison; son lieu ne le reconnaît plus. 7.11 Moi
aussi je n’épargnerai pas ma bouche; je parlerai dans la détresse de
mon souffle, je m’épancherai dans l’amertume de mon être. 7.12 Moi,
suis-je mer ou dragon, pour que tu mettes contre moi une muselière? 7.13 Oui,
j’ai dit : « Mon grabat me réconfortera; ma couche portera mon
épanchement. » 7.14 Mais
tu m’effares par des rêves; tu me paniques par des visions. 7.15 Mon
être choisit l’étranglement; la mort, plutôt que mes os! 7.16 Je
l’ai rejetée, je ne vivrai plus en pérennité! Cesse avec moi! Oui,
fumée, mes jours! 7.17
Qu’est-il, l’homme, que tu le grandisses, que tu places sur lui ton
cœur, 7.18 le
sanctionnes les matins, l’examines à tout instant? 7.19
Jusqu’à quand, loin de moi, ne me verras-tu pas, ne me lâcheras-tu pas,
que je puisse avaler ma salive? 7.20 J’ai
fauté! Que ferai-je pour toi? Détenteur de l’humain, pourquoi m’as-tu
mis en cible pour toi? Je suis à moi une charge. 7.21
Pourquoi ne portes-tu pas ma carence, passant outre à mon tort? Oui,
maintenant je me couche dans la poussière. Tu es en quête de moi, mais
je ne suis plus. ▲8.1 Bildad le Shouhi répond et
dit : 8.2
Jusqu’où palabreras-tu ainsi, au souffle grandiose des dits de ta
bouche? 8.3 L’Él
tord-il le jugement? Ou Shadaï tord-il la justice? 8.4 Si tes
fils ont fauté contre lui, il les a renvoyés sur la main de leur
carence. 8.5 Si tu
es en quête d’Él, et, à Shadaï, demandes grâce, 8.6 si tu
es limpide et droit, oui, maintenant il s’éveillera pour toi; il
restaurera l’oasis de ta justice. 8.7 Ton
en-tête était minuscule, mais ton avenir culminera fort. 8.8 Oui,
questionne donc l’âge premier; sois prêt au sondage de leurs pères. 8.9 Oui,
nous sommes d’hier; nous ne connaissons pas l’ombre de nos jours sur
terre. 8.10 Ne
t’enseignent-ils pas, eux? Ne te le disent-ils pas? De leur cœur ils
extraient des mots. 8.11 Le
papyrus jaillit-il sans marais? La jonchée s’épanouit-elle sans eaux? 8.12 Il est
encore en sa germination, il n’est pas cueilli qu’il sèche avant toute
herbe. 8.13 Ainsi
des voies de tous les oublieux d’Él : l’espoir de l’hypocrite perd, 8.14 dont
les filandres sont l’aplomb, une maison d’araignée la sécurité. 8.15 Il
s’appuie sur sa maison, elle ne tient pas; il s’y adosse, elle ne se
relève pas. 8.16
Humide, face au soleil, son surgeon sort dans son jardin. 8.17 Sur un
galgal ses racines s’enchevêtrent; il fissure la maison de pierre. 8.18 Quand
il est englouti loin de son lieu, celui-ci le renie : « Je ne t’ai pas
vu. » 8.19
Certes, telle est l’allégresse de sa route, et de la poussière,
d’autres germeront! 8.20
Certes! Él ne rejette pas l’intègre; il ne renforce pas la main des
malfaiteurs, 8.21
jusqu’à remplir ta bouche de rire, tes lèvres d’ovations. 8.22 Tes
haineux se vêtiront de blêmissement; la tente des criminels ne sera
plus. ▲9.1 Iob répond et dit : 9.2 En
vérité, je sais qu’il en est ainsi : comment l’homme se justifie-t-il
devant Él? 9.3 S’il
désire le contester, il ne lui répondra pas une fois sur mille. 9.4 Sage de
cœur, ferme en force, qui s’endurcirait contre lui, étant en paix? 9.5 Le
remueur de montagnes sans qu’elles le sachent, lui qui les a fait
tournoyer en sa fureur, 9.6 lui qui
fait trembler la terre hors de son lieu : ses colonnes chancellent. 9.7 Il le
dit au soleil : il ne brille plus; quant aux étoiles, il les scelle. 9.8
Déployeur des ciels, lui seul, routier des tertres de la mer; 9.9 faiseur
de l’Ourse, d’Orion, des Pléiades et des chambres du Téimân; 9.10
faiseur de grandeurs insondables, de prodiges sans nombre. 9.11
Certes, il passe près de moi et je ne le vois pas! Il se déplace, et je
ne le discerne pas! S’il ravit, qui le fera retourner? 9.12 Qui
lui dira : « Que fais-tu? 9.13 Eloha
ne retourne pas sa fureur; les aides de Rahab s’inclinent sous lui. 9.14
Moi-même, lui répondrai-je? Choisirai-je mes paroles contre lui? 9.15 Je ne
répondrais pas, même si j’étais juste; je demanderais grâce à mon juge. 9.16 Si je
criais, me répondrait-il? Non, je ne crois pas qu’il écouterait ma voix, 9.17 lui
qui dans la tempête m’a épié, multipliant mes blessures gratuites. 9.18 Il ne
me donne pas de reprendre mon souffle; oui, il me rassasie d’amertumes. 9.19 Si
c’est par force, le voici, puissant. Si c’est par un procès, qui
m’assignera? 9.20 Si
j’étais juste, ma bouche m’incriminerait. Moi, intègre? Il me tordrait. 9.21 Moi,
intègre? Je ne connais pas mon être et rejette ma vie. 9.22 C’est
tout un! Sur quoi je dis : il achève l’intègre avec le criminel! 9.23 Un
fléau met à mort soudain. Mais il se moque de l’anéantissement des
innocents! 9.24 La
terre est donnée aux mains du criminel. Il couvre les faces de ses
juges. Si ce n’est lui, qui donc? 9.25 Mes
jours, plus légers qu’un coureur, fuient sans voir le bonheur. 9.26 Ils
s’esquivent sur des barges de phragmite, comme le vautour fond sur sa
proie. 9.27 Si je
dis : « J’oublierai mon épanchement, j’abandonnerai mes faces et me
contiendrai », 9.28 je
m’épouvante de toutes mes peines et sais que tu ne m’innocentes pas. 9.29
Moi-même je suis un criminel : pourquoi cela, peiner pour une fumée? 9.30 Si je
me baigne aux eaux de neige, si j’épure mes paumes avec du savon, 9.31 tu
m’immerges au pourrissoir et mes tuniques m’ont en horreur. 9.32 Non,
il n’est pas un homme comme moi, pour que je lui réponde et que nous
allions ensemble au jugement. 9.33 Il
n’existe pas d’accusateur entre nous qui place sa main sur nous deux. 9.34 Qu’il
écarte de moi sa verge : son effroi ne me terrorisera pas! 9.35 Je
parlerai, je ne frémirai pas de lui. Mais non! je ne suis pas ainsi,
moi-même! ▲10.1 Mon être abhorre ma vie, je
m’abandonne à mon épanchement, et parle dans l’amertume de mon être. 10.2 Je dis
à Eloha : Ne m’incrimine pas; fais-moi connaître en quoi tu me combats! 10.3 Est-il
bien pour toi d’opprimer? Oui, de rejeter la peine de tes paumes et de
te manifester au conseil des criminels? 10.4 As-tu
des yeux de chair? Vois-tu comme voit l’homme? 10.5 Tes
jours sont-ils comme les jours des hommes? Tes années comme les jours
d’un brave? 10.6 Oui,
tu cherches mon tort et demandes ma faute. 10.7 Or, à
ta connaissance, je ne suis pas un criminel; et plus, il n’est pas,
contre ta main, de sauveteur. 10.8 Tes
mains m’ont façonné; elles m’ont fait en unité tout autour; et tu
m’engloutis! 10.9
Souviens-toi donc de ce que tu m’as fait d’argile, et que tu me feras
retourner à la glèbe. 10.10 Tu
m’as trait comme du lait et coagulé comme un fromage. 10.11 Tu
m’as vêtu de peau, de chair; d’os et de nerfs, tu m’as couvert. 10.12 Tu
m’as fait vie et chérissement; ta sanction garde mon souffle. 10.13 Et
cela, tu le recèles dans ton cœur; je le sais, oui, cela est avec toi : 10.14 quand
je faute, tu me surveilles et, de mon tort, ne m’innocentes pas. 10.15 Si je
suis criminel, mes alalas sont à moi. Ou, justifié, je ne peux lever la
tête, rassasié de turpitude, voyeur d’humiliation. 10.16 Si
elle se redresse, comme un léopard tu me pourchasses; tu retournes et
fais prodige contre moi. 10.17 Tu
renouvelles tes hostilités contre moi, et avec moi multiplies ton
exaspération; avec moi assauts et corvées. 10.18
Pourquoi m’as-tu fait sortir de la matrice? J’aurais agonisé; pas un
œil ne m’aurait vu. 10.19
J’aurais été comme n’étant pas, transporté du ventre au sépulcre. 10.20 Mes
jours ne sont-ils pas un rien qui cesse? Place-toi loin de moi : je me
contiendrai un peu, 10.21 avant
que je m’en aille sans retour en la terre de ténèbre et d’ombremort, 10.22 terre
noire comme l’obscurité, d’ombremort sans ordre, qui apparaît comme
l’obscurité. ▲11.1 Sophar le Na’amati répond
et dit : 11.2 Le
flot de paroles sera-t-il sans réponse? Ou l’homme aux lèvres a-t-il
raison? 11.3 Tes
exagérations font-elles taire les gens? Tu te moques; et nul ne dirait
l’opprobre? 11.4 Tu dis
: « Limpide est ma prise; j’ai été net à tes yeux. » 11.5 Et
pourtant, qui donnerait à Eloha de parler, qu’il ouvre ses lèvres avec
toi, 11.6 qu’il
te rapporte les arcanes de la sagesse; oui, au redoublement de
l’efficacité? Mais sache qu’Eloha, parmi les torts, en oublie! 11.7
Trouveras-tu le tréfonds d’Eloha? Trouveras-tu jusqu’à la finalité de
Shadaï? 11.8 Qu’en
ferais-tu, hauteurs des ciels? Plus profonde que le Shéol, comment la
connaîtrais-tu? 11.9 Sa
mesure est plus longue que la terre, plus large que la mer. 11.10 S’il
se déplace, incarcère et rassemble, qui l’en détournerait? 11.11 Oui,
s’il connaît l’évanescence humaine et voit la fraude, ne
discernerait-il pas? 11.12
L’homme creux serait-il incardié, l’homme naîtrait-il en ânon sauvage? 11.13 Et
toi, si tu apprêtes ton cœur, et déploie les paumes vers lui; 11.14 si tu
éloignes de ta main la fraude et n’abrites pas la forfaiture en tes
tentes, 11.15 oui,
tu porteras alors tes faces loin de toute tare; tu seras cuirassé et ne
frémiras pas. 11.16 Oui,
tu oublieras la peine et t’en souviendras comme d’eaux passées. 11.17 Plus
brillante que midi, la durée se lèvera; l’obscurité sera comme un matin. 11.18 tu
seras en sécurité : oui, ce sera l’espoir. Tu fouilleras et te
coucheras en sécurité. 11.19 Tu
t’allongeras sans perturbateur; multiples, ils solliciteront tes faces. 11.20 Les
yeux des criminels s’épuisent; l’échappatoire est perdue pour eux. Leur
espoir est l’exhalaison d’être. ▲12.1 Iob répond et dit : 12.2 En
vérité, oui, vous êtes peuple! Avec vous meurt la sagesse! 12.3 J’ai
aussi un cœur, comme vous. Moi-même, je ne suis pas inférieur à vous.
Qui n’a pas autant que ceux-là? 12.4 Je
suis la risée de mon compagnon : « Criant vers Eloha, lui répond-il?
Une risée : Un juste intègre »! 12.5 torche
de mépris aux intentions des sereins, prêt pour ceux dont le pied
vacille. 12.6 Les
tentes des razzieurs sont paisibles, sûre, celle de qui exaspère Él, et
amène un Eloha dans sa main. 12.7
Cependant, questionne donc les bêtes, elles te l’enseigneront; le
volatile des ciels, il te le rapportera. 12.8 Ou
épanche-toi avec la terre : elle te l’enseignera; les poissons de la
mer te le raconteront. 12.9 Qui ne
connaît tout cela? Oui, la main de IHVH-Adonaï fait cela, 12.10 lui
qui a en sa main l’être de tout vivant, le souffle de toute chair
d’homme. 12.11
L’oreille ne distingue-t-elle pas les mots? Le palais ne goûte-il pas
la nourriture? 12.12 Aux
vieillards la sagesse; longueur des jours est discernement. 12.13 Avec
lui la sagesse, l’héroïsme; à lui le conseil, le discernement. 12.14
Voici, il démolit, et ce ne sera pas rebâti; il enferme l’homme : il ne
sera pas libéré. 12.15
Voici, il refrène les eaux; elles sèchent; il les renvoie : elles
bouleversent la terre. 12.16 Avec
lui l’énergie, l’efficacité, à lui l’égaré et l’égareur. 12.17 Il
fait aller les conseillers dans l’égarement et aliène les juges. 12.18 Il
délie les entraves des rois et lie l’alganon à leurs hanches. 12.19 Il
fait aller les desservants dans l’égarement, et renverse les puissants. 12.20 Il
retire la lèvre des orateurs, et confisque le goût des vieillards. 12.21 Il
répand le mépris sur les notables, et détache la ceinture des
agresseurs. 12.22 Il
découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière,
l’ombremort. 12.23 Il
rend prospère les nations et les perd; il piège les peuples et les
attrape. 12.24 Il
retire le cœur des chefs du peuple de la terre, et les fait vaguer dans
un tohu sans route. 12.25 Ils
palpent la ténèbre, non pas la lumière; il les fait divaguer comme
l’ivrogne. ▲13.1 Certes! mon œil a tout vu,
mon oreille a entendu; elle l’a discerné. 13.2 Ce que
vous pénétrez, je le pénètre aussi. Moi-même, je ne suis pas inférieur
à vous. 13.3
Pourtant, c’est à Shadaï que je parlerai : je désire admonester Él! 13.4 Et
pourtant, vous, plâtriers du mensonge! Médecins d’idoles, vous tous! 13.5 Qui
donnera de vous faire taire, taire? Ce serait pour vous sagesse! 13.6
Entendez donc mon exhortation; soyez attentifs aux combats de mes
lèvres. 13.7 Est-ce
à Él que vous parlez de duperie? À lui que vous parlez de forfaiture? 13.8
Portez-vous ses faces, quand vous plaidez pour Él? 13.9
Serait-il bon qu’il vous sonde, quand vous le bafouez comme vous
bafouez l’humain? 13.10 Il
vous admonestera, il vous admonestera, si en secret vous portez des
faces. 13.11 Son
effroi ne vous terrorise-t-il pas? Son tremblement ne tombe-t-il pas
sur vous? 13.12 Vos
souvenirs sont des exemples de cendre; vos cuirasses, des cuirasses
d’argile. 13.13
Taisez-vous devant moi; moi je parlerai! M’advienne que pourra! 13.14
Pourquoi porter ma chair entre mes dents et mettre mon être sur ma
paume? 13.15
Voici, il peut me tuer. Je l’espère : ah! prouver mes routes en face de
lui! 13.16 Cela
sera aussi mon salut, car l’hypocrite ne vient pas en face de lui. 13.17
Entendez, entendez mon mot, mon énoncé, de vos oreilles! 13.18 Voici
donc, j’ai préparé le jugement. Je le sais, oui, j’ai raison. 13.19 Qui
plaiderait contre moi? Oui, maintenant je me tairais et j’agoniserais. 13.20 Mais
ces deux-là, ne les fais pas contre moi. Alors, en face de toi, je ne
me voilerai pas. 13.21
Éloigne de moi ta paume, et de ton effroi ne me terrorise pas! 13.22 Crie,
je répondrai moi-même. Ou je parlerai et tu me répliqueras. 13.23
Combien ai-je de torts, de fautes? Mes carences, mes fautes,
fais-les-moi connaître. 13.24
Pourquoi voileras-tu tes faces? Me comptes-tu pour ton ennemi? 13.25 Tu
fais trembler une feuille cinglée et poursuis une paille sèche. 13.26 Oui,
tu as écrit contre moi avec amertume; tu m’as légué mes torts de
jeunesse. 13.27 Tu
mets mes pieds aux brancades et surveilles toutes mes voies; tu notes
les racines de mes jambes. 13.28 Lui
s’use comme une carie, comme un habit qui mange la mite. ▲14.1 L’humain, natif de la
femme, bref en jours mais rassasié de tourment, 14.2 comme
un bourgeon éclos se fauche. Il fuit comme une ombre, sans arrêt. 14.3 Sur
cela aussi, tu as dessillé tes yeux; mais moi, tu me fais venir en
jugement contre toi! 14.4 Qui
donne du pur avec du contaminé? Personne! 14.5
Puisque ses jours sont fixés, le nombre de ses lunaisons dépend de toi.
Tu fais ses lois, il ne les transgresse pas. 14.6
Détourne-toi de lui, il cesse, jusqu’à ce qu’il veuille, tel un
salarié, finir sa journée. 14.7 Oui,
l’espoir existe pour l’arbre, s’il est tranché, il change encore, son
surgeon ne disparaît pas. 14.8 Si sa
racine vieillit en terre, son tronc périt dans la poussière. 14.9 Mais
il hume les eaux, refleurit, et fais moisson comme un plant. 14.10 Un
brave meurt, il faiblit; l’humain agonise : où est-il? 14.11 Les
eaux de la mer s’épuisent; le fleuve tarit, il est sec. 14.12
L’homme se couche et ne se relève pas. Jusqu’aux non-ciels ils ne se
ranimeront pas; ils ne s’éveilleront pas de leur sommeil. 14.13 Qui
donnera que tu me recèles au Shéol, que tu me voiles jusqu’au reflux de
ta fureur? Fixe pour moi une loi, un délai; souviens-toi de moi! 14.14 Si le
brave meurt, revit-il? Tous les jours de ma corvée, j’attends l’arrivée
de ma mutation. 14.15 Tu
crieras, et je te répondrai moi-même; tu languiras après l’œuvre de tes
mains. 14.16 Mais
maintenant tu comptes mes pas; tu n’épargnes pas mes fautes. 14.17 Ma
carence scellée dans une bourse, tu plâtres mon tort. 14.18 Et
pourtant une montagne tombe, elle s’érode; le roc est muté loin de son
lieu. 14.19 Les
eaux corrodent les pierres, leur flux inonde la poussière de la terre;
mais l’espoir de l’homme, tu le fais périr. 14.20 Tu
l’attaques avec persistance : il s’en va; tu changes ses faces et le
renvoies. 14.21 Ses
fils sont glorieux, il ne le sait pas; ils se rabougrissent, il ne le
discerne pas. 14.22 Mais
sa chair contre lui s’endolorit; son être contre lui s’endeuille. ▲15.1 Èliphaz le Téimani répond
et dit : 15.2 Le
sage répond-il par la pénétration du souffle? Remplit-il sont ventre de
simoun? 15.3
Exhorte-t-il par une parole sans valeur, par des mots inutiles? 15.4 Mais
toi, tu annules le frémissement; tu supprimes l’épanchement en face
d’Él. 15.5 Oui,
ton tort a dompté ta bouche; tu as choisi la langue des rusés. 15.6 Ta
bouche t’incrimine, non pas moi; tes lèvres répondent contre toi. 15.7 Es-tu
né le premier des humains? as-tu été conçu avant les collines? 15.8
Entends-tu le tréfonds d’Eloha? as-tu accaparé la sagesse? 15.9 Que
savais-tu que nous ne sachions? que discernes-tu, qui ne soit avec nous? 15.10 Parmi
nous il y a même un vétéran, même un vieillard, plus grand en jours que
ton propre père. 15.11
Est-ce peu pour toi, ces réconforts d’Él, la parole qui te ménage? 15.12 Où
t’emporte ton cœur? Où clignent les yeux? 15.13 Oui,
tu retournes ton souffle contre l’Él; tu fais sortir de ta bouche des
mots. 15.14
L’homme, qu’est-il, pour être purifié? Oui, pour avoir raison, le natif
de la femme? 15.15
Voici, il n’adhère pas à ses êtres sacrés; les ciels ne sont pas
purifiés à ses yeux. 15.16 Et
moins encore l’abominable, le corrompu, l’homme qui boit, comme de
l’eau, la forfaiture. 15.17 Je
l’énonce pour toi, entends-moi; j’ai contemplé cela, je le raconte, 15.18 ce
que les sages rapportent, ne l’ayant pas biffé chez leurs pères. 15.19 La
terre a été donnée à eux seuls; l’étranger ne passe pas au milieu d’eux. 15.20 Lui,
le criminel, se convulse tous les jours; les années du tyran sont
enfouies en nombre. 15.21 La
voix des peurs en ses oreilles, le pillard vient en paix contre lui. 15.22 Il ne
croit pas ressurgir de la ténèbre, lui, guetté par l’épée. 15.23 Il
erre pour du pain : « Où donc? Il le sait : oui, dans sa main, le jour
de ténèbre est prêt. 15.24 La
détresse, le harcèlement le terrorisent; Ils l’agressent comme un roi
prêt à l’assaut. 15.25 Oui,
il tend sa main contre Él; il se renforce contre Shadaï. 15.26 Il
court contre lui le col haut, sous l’épaisseur de la cuirasse de ses
boucliers. 15.27 Oui,
il couvre ses faces de graisse; il fabrique l’adiposité de sa bedaine. 15.28 Il
demeure dans des villes supprimées, dans des maisons inhabitées, vouées
aux galgals. 15.29 Il ne
s’enrichit pas, sa valeur ne se lève pas; il n’étale pas son gain sous
terre. Il ne s’écarte pas de la ténèbre; 15.30 La
flamme dessèche son surgeon. Il est écarté par le souffle de sa bouche. 15.31 Qu’il
n’adhère pas à la vanité où il a divagué : oui, la vanité sera son
avatar. 15.32 Sans
que son jour soit rempli, sa palme n’est pas luxuriante. 15.33 Il
gâte, comme une vigne, son verjus; il rejette, comme un olivier, son
scintillement. 15.34 Oui,
la communauté de l’hypocrite est bréhaigne; le feu dévore les tentes à
pots-de-vin, 15.35 Il
engrosse le labeur et enfante la fraude; leur ventre prépare la duperie. ▲16.1 Iob répond et dit : 16.2 « J’en
ai entendu bien des pareilles, vous tous, consolateurs de misère! 16.3 Est-ce
la fin des paroles de vent? Ou bien : Qu’est-ce qui t’incite à répondre? 16.4
Moi-même aussi je parlerais comme vous, si vous étiez à ma place. Je
composerais pour vous des mots et hocherais de la tête sur vous. 16.5 Mais
je vous réconforterais de ma bouche, et la moue de ma lèvre vous
ménagerait. 16.6 Si je
parle, ma douleur ne sera pas ménagée. Si je cesse, rien ne s’en ira de
moi. 16.7
Seulement, maintenant, il m’excède : tu as exterminé toute ma compagnie; 16.8 tu
m’as ridé, ma maigreur en est témoin; elle se lève en moi, et devant
moi répond. 16.9 Sa
fureur me déchire, il me dénonce et gronde des dents contre moi. Mon
oppresseur darde ses yeux contre moi. 16.10 Ils
béent de leur bouche contre moi; en flétrissure, ils frappent ma joue;
ensemble, contre moi, ils s’amassent. 16.11 Él
m’a enfermé chez le félon; il m’a précipité aux mains des criminels. 16.12
J’étais paisible, il me broie, me saisit par ma nuque, me désagrège, et
me relève en cible pour lui. 16.13 Ses
archers m’entourent; il transperce mes reins sans compatir; il répand à
terre ma bile. 16.14 Il
fait brèche en moi, brèche contre brèche, et court vers moi comme un
héros. 16.15 J’ai
cousu un sac sur mon épiderme; je taraude de ma corne la poussière. 16.16 Ma
face est effervescente de pleurs, l’ombremort sur mes paupières, 16.17 pour
non-violence en ma paume, et ma prière pure! 16.18
Terre, ne recouvre pas mon sang! Qu’il n’y ait pas de lieu pour cacher
ma clameur! 16.19
Maintenant aussi, voici mon témoin dans les ciels, mon testateur dans
les hauteurs. 16.20 Mes
médiateurs, mes compagnons, mon œil coule pour Eloha! 16.21 Qu’il
tranche entre l’homme et Eloha, entre le fils d’Adâm et son compagnon! 16.22 Oui,
des années comptées viennent; je vais sur la voie d’où je ne reviendrai
pas. ▲17.1 Mon souffle abîmé, mes
jours éteints, à moi les sépultures! 17.2
N’est-ce pas, les sarcasmes avec moi? Mon œil nuite dans leurs
amertumes. 17.3
Mets-le donc et garantis-moi toi-même : qui d’autre me topera la main? 17.4 Oui,
tu as fermé leur cœur à la perspicacité. Aussi, que nul ne se lève! 17.5 Il
annonce : « Au partage, compagnons »: Mais les yeux de ses fils sont
épuisés. 17.6 Il
m’expose en fable aux peuples; je suis un crachat sur une face. 17.7 Mon
œil se ternit d’exaspération; mes membres sont tous comme une ombre. 17.8 Les
êtres équitables se désolent de cela; l’innocent contre l’hypocrisie
s’éveille. 17.9 Le
juste étreint sa route; le pur-des-mains persévère dans la fermeté. 17.10
Pourtant, tous, retournez, venez donc! Mais je ne trouve pas parmi vous
de sage. 17.11 Mes
jours, mes initiatives : passés! Les héritages de mon cœur sont
tranchés! 17.12 Ils
prennent la nuit pour le jour - « La lumière est proche! » - face à la
ténèbre! 17.13 Si
j’espère, le Shéol est ma maison; dans la ténèbre, j’étends mon matelas! 17.14 Je
crie à la fosse : « Toi, mon père! »; « Ma mère! Ma sœur! » à la
putréfaction. 17.15 Où
donc est mon espoir? Mon espoir, qui l’aperçoit? 17.16 Aux
mains du Shéol il descendra, quand, ensemble, nous reposerons dans la
poussière. » ▲18.1 Bildad le Shouhi répond et
dit : 18.2
Jusqu’à quand mettrez-vous des triques aux mots? Discernez, nous
parlerons ensuite. 18.3
Pourquoi sommes-nous considérés comme des bêtes contaminées à vos yeux? 18.4 Il
lacère son être en sa fureur! Pour toi, la terre serait-elle
abandonnée? le roc bougerait-il de son lieu? 18.5 La
lumière du criminel vacille aussi, il ne fulgure pas, le brasier de son
feu. 18.6 Dans
sa tente, la lumière enténèbre; sa lampe vacille devant lui. 18.7 Ses
pas virils sont dans la détresse, et son conseil l’exclut. 18.8 Oui,
il s’envoie, de ses pieds, dans un filet; il chemine dans un traquenard. 18.9 Un
piège le saisit au talon; il renforce contre lui les traquets. 18.10 Sa
corde est enfouie en terre, sa trappe sur le chemin. 18.11
Autour, des démons le terrorisent, et mettent en déroute ses pieds. 18.12 Sa
virilité est affamée, la calamité prête à son côté. 18.13 Il
mange les tissus de sa peau; il mange ses tissus, l’aîné de la mort. 18.14 Il
est arraché à sa tente, à sa sécurité; et défile devant le roi des
démons. 18.15 Elle
demeure dans sa tente sans lui; le soufre se répand dans son oasis. 18.16 Ses
racines sèchent dessous, et dessus sa moisson fane. 18.17 Son
souvenir périt sur terre, sans nom pour lui en face du dehors. 18.18 Il
est bouté de la lumière dans la ténèbre, et il erre hors du monde. 18.19 Pas
d’arrière-petit-fils pour lui, pas de petit-fils en son peuple; pas de
rescapé en ses résidences. 18.20 Les
Occidentaux se désolent contre son jour; les Levantins sont saisis
d’horreur. 18.21 Mais
les voilà, les demeures du forfait! Voici le lieu d’Él-connaît-pas! ▲19.1 Iob répond et dit : 19.2
Jusqu’à quand affligerez-vous mon être, m’accablerez-vous par des mots? 19.3 Voilà
dix fois que vous m’outragez! Ne blêmissez-vous pas de m’aliéner? 19.4 Si
même je me suis égaré, mon égarement nuite en moi. 19.5 En
vérité, contre moi vous triomphez, et arguez contre moi de ma
flétrissure. 19.6
Sachez-le, cependant, oui, Eloha m’a fait du tort. Il m’a enfermé dans
sa trappe. 19.7 Voici,
je crie violence, mais pas de réponse; j’appelle, mais pas de jugement. 19.8 Il a
clôturé ma voie en impasse pour moi, et mis la ténèbre en mes chemins. 19.9 Il m’a
dévêtu de ma gloire, il a écarté le nimbe de ma tête. 19.10 Il a
tout démoli autour de moi et je vais… Il a abattu mon espoir comme un
arbre. 19.11 Sa
fureur brûle contre moi; il me compte pour lui comme un de ses
adversaires. 19.12 Ses
troupes viennent ensemble, frayent leurs routes contre moi, et campent
autour de ma tente. 19.13 Il
éloigne de moi mes frères; mes connaissances mêmes me sont étrangères. 19.14 Mes
proches ont disparu, mes connaissances m’oublient. 19.15 Les
résidents de ma maison, mes servantes, me comptent pour étranger; je
suis un métèque à leurs yeux. 19.16 Je
crie vers mon serviteur : il ne répond pas. De ma bouche, je le supplie. 19.17 Mon
souffle est étranger même à ma femme; ma grâce aux fils de mon ventre. 19.18 Même
les nourrissons me rejettent; je me lève; ils parlent contre moi. 19.19 Ils
m’abominent tous, les mortels de mon intimité; ceux que j’aime se sont
retournés contre moi. 19.20 Mes
os collent à ma peau, à ma chair; je m’échappe, avec la peau de mes
dents. 19.21
Graciez-moi, graciez-moi, vous, mes compagnons! Oui, la main d’Eloha
m’a touché. 19.22
Pourquoi me pourchassez-vous comme Él? De ma chair, n’êtes-vous pas
rassasié? 19.23 Oui,
qui donnera que mes mots soient écrits? Qui donnera qu’ils soient
gravés sur une stèle? 19.24 Avec
un stylet de fer et de plomb, qu’ils soient à jamais gravés dans le roc! 19.25 Et
moi, je le sais, mon racheteur est vivant. En dernier, il se lèvera sur
la poussière. 19.26
Derrière ma peau, ils ont buriné cela; dans ma chair, je contemple
Eloha. 19.27 Ce
que, moi, je contemple en moi, mes yeux le voient, pas un étranger. Mes
reins se consument en mon sein. 19.28 Oui,
vous dites : « Il n’est pas persécuté par lui » et : « La racine du
propos se trouve en moi. » 19.29
Épouvantez-vous en face de l’épée : oui, les torts de l’épée sont du
venin, afin que vous connaissiez Shadoun. ▲20.1 Sophar le Na’amati répond
et dit : 20.2 Ainsi
mes inquiétudes me font répliquer, car mon sens est en moi. 20.3 J’ai
entendu la correction avec opprobre, mais le souffle de mon
discernement me répond. 20.4
Sais-tu cela depuis toujours, depuis qu’il a mis l’humain sur terre : 20.5 oui,
la jubilation des criminels est éphémère, la joie de l’hypocrite
fugitive? 20.6 Que sa
cime monte aux ciels, que sa tête atteigne le nuage, 20.7 comme
sa crotte, il périt à jamais, et ceux qui le voyaient disent : « Où
est-il? 20.8 Il
s’envole comme un rêve; ils ne le trouvent plus. Il erre comme le songe
d’une nuit. 20.9 L’œil
le mire, mais ne continue pas; son lieu ne l’aperçoit plus. 20.10 Ses
fils indemniseront les miséreux; ses mains restitueront sa fortune. 20.11 Ses
ossements, pleins de jeunesse, se couchent avec lui dans la poussière. 20.12 Quand
le mal est doux à sa bouche, il le déguste sous sa langue, 20.13 s’en
attendrit, ne le quitte pas, et ne le retient dans son palais. 20.14 Mais
son pain se gâte dans ses viscères, un venin de cobra en ses entrailles. 20.15 La
valeur engloutie, il la vomit, et l’évacue de son ventre. 20.16 il
tétait de la bave de cobra, la langue de l’aspic le tue. 20.17 Il ne
voit pas les canaux, ni les torrents de miel et de beurre. 20.18 Il
restitue sa turpitude sans l’engloutir. Telle valeur, telle
restitution! Mais il n’exulte pas! 20.19 Oui,
il brise et abandonne des miséreux; il cambriole la maison au lieu de
la bâtir. 20.20 Il ne
connaît pas d’apaisement à son ventre; rien n’échappe à sa convoitise. 20.21 Pas
de reste à sa nourriture! Aussi son bien ne dure pas. 20.22 En
pleine abondance, il est dans l’angoisse; la main de toute peine s’abat
sur lui. 20.23 Et
c’est à remplir son ventre, il envoie contre lui la brûlure de sa
fureur, et déverse son arsenal. 20.24 Il
fuit l’arme de fer, mais l’arc de bronze le remplace. 20.25
Dégainée, la flèche lui sort du dos, l’éclair s’en va par sa bile. À
lui les effrois! 20.26 Toute
la ténèbre enfouit ce qu’il recèle; un feu que nul ne souffle le dévore
et saccage les vestiges de sa tente. 20.27 Les
ciels découvrent son tort, et la terre se dresse contre lui. 20.28 La
récolte s’exile de sa maison, aux jaillissements du jour de sa fureur. 20.29
Voilà, d’Elohîms, la part de l’homme criminel, sa possession au dire
d’Él. ▲21.1 Iob répond et dit : 21.2
Entendez, entendez mon mot, ce sera votre réconfort! 21.3
Supportez-moi! Moi-même je parlerai. Après mes paroles, moque-toi de
moi! 21.4
Moi-même, est-il contre un homme, mon épanchement? Pourquoi donc mon
souffle ne serait-il pas impatient? 21.5
Faites-moi face, résolvez-vous, et mettez votre main sur la bouche. 21.6 Quand
je me souviens, je m’affole; ma chair est saisie d’horreur. 21.7
Pourquoi les criminels vivent-ils? Ils réussissent, et même augmentent
leur puissance. 21.8 Leur
semence s’affermit en face d’eux; avec eux leurs rejetons sous leurs
yeux. 21.9 Leurs
maisons en paix, sans trembler, la verge d’Eloha n’est pas contre eux. 21.10 Son
taureau saillit et n’est pas sans féconder; sa vache met bas sans
avorter. 21.11 Ils
envoient comme des ovins leur marmaille, et leurs enfants dansent. 21.12 Ils
s’élancent au tambour, à la lyre, et se réjouissent à la voix de la
viole. 21.13 Leurs
jours s’achèvent dans le bien; mais en un instant au Shéol ils
s’effarent. 21.14 Ils
disent à Él : « Écarte-toi de nous! Nous ne désirons pas connaître tes
routes. 21.15
Qu’est-il, Shadaï, pour que nous le servions? À quoi sert-il de
l’importuner? 21.16
Voici, leur bonheur n’est pas en leur main. Loin de moi, le conseil des
criminels! 21.17 Quand
la lampe des criminels vacillera-t-elle? Quand leur calamité
fondra-t-elle sur eux? Quand leur impartira-t-il leurs douleurs en sa
fureur? 21.18 Quand
seront-ils comme une paille face au souffle; comme la glume, que
l’ouragan fait voler? 21.19 Eloha
réserve son châtiment à ses fils. Il le paiera et il le sait! 21.20 Ses
yeux verront-ils son méchef? Boiront-ils la fièvre de Shadaï? 21.21 Oui,
quel désir a-t-il de sa maison après lui? Ou du nombre de ses lunaisons
amputées? 21.22
Apprendrait-il à Él la connaissance? Et lui, jugerait-il les hauteurs? 21.23 Un
tel meurt dans l’os de son intégrité, tout serein, apaisé. 21.24 Ses
pis sont remplis de lait; la moelle de ses os jute. 21.25 Et un
tel meurt, l’être amer, sans avoir goûté au bonheur. 21.26 Mais,
ensemble, ils se couchent dans la poussière, et la putréfaction les
couvre. 21.27
Voici, je connais vos pensées, les intentions avec lesquelles vous me
violentez! 21.28 Oui,
vous dites : « Où est la maison du bienfaiteur? Où la tente, les
demeures du criminel? 21.29
N’interrogez-vous pas les passants de la route? Leurs signes, ne les
repoussez pas. 21.30 Oui,
au jour de calamité le malfaiteur est épargné; au jour des
emportements, ils sont préservés. 21.31 Qui
lui opposera sa route en face? Il agit : qui le paiera? 21.32 Lui,
il est transporté dans les sépultures; dans un mausolée, il veille. 21.33 Que
les mottes du terrain lui soient douces! Après lui, tout homme sera
happé, et avant lui, sans nombre. 21.34
Comment me réconfortez-vous? Fumée! Vos réponses restent une tricherie! ▲22.1 Èliphaz le Téimani répond
et dit : 22.2 Le
brave est-il utile à Él? Non, mais utile à lui-même le perspicace! 22.3 Quel
désir Shadaï a-t-il que tu sois juste? Ou quel profit que tu rendes tes
routes intègres? 22.4 Est-ce
parce qu’il frémit de toi qu’il t’exhorte et viendrait contre toi en
jugement? 22.5 Ton
mal n’est-il pas immense, sans fin à tes torts? 22.6 Oui,
tu as pris les cautions de ton frère gratuitement; tu as arraché les
guenilles d’hommes nus. 22.7 Tu
n’as pas abreuvé d’eau l’assoiffé; tu as refusé le pain à l’affamé. 22.8 À
l’homme fort, tu as livré la terre; et celui dont les faces sont
préférées y habite. 22.9 Tu as
renvoyé les veuves à vide, les bras des orphelins accablés. 22.10 Ainsi
autour de toi sont des pièges; et le tremblement t’affole, soudain. 22.11 Ou
bien, dans la ténèbre, tu ne verras pas; et la surabondance des eaux te
couvrira. 22.12 Eloha
n’est-il pas au zénith des ciels? Il voit la tête des étoiles les plus
hautes. 22.13 Mais
tu dis : « Que connaît-il, Él? Juge-t-il derrière le brouillard? 22.14 Les
nébulosités sont pour lui en voile. Il ne voit pas, mais chemine au
cercle des ciels. » 22.15
Gardes-tu la voie de pérennité que foulent les hommes de fraude, 22.16
emportés avant l’heure, un fleuve ayant inondé leurs fondations? 22.17 Ils
disent à Él : « Écarte-toi de nous! Que nous ferait-il, Shadaï? 22.18 Or
lui-même remplit leurs maisons de bien. Loin de moi, le conseil des
criminels! 22.19 Les
justes le voient et se réjouissent; l’innocent se moque d’eux : 22.20 «
Soit! notre ennemi a été éliminé! Le feu a dévoré leur reste! » 22.21 Sois
utile pour lui et dans la paix! Ainsi le bonheur reviendra vers toi. 22.22
Prends donc la tora de sa bouche; mets ses dits dans ton cœur. 22.23 Si tu
retournes à Shadaï, tu seras bâti; tu éloigneras la forfaiture de ta
tente. 22.24 Place
ton aloi dans la poussière; au roc des torrents l’Ophir. 22.25
Shadaï sera ton aloi aux envols d’argent. 22.26 Oui,
tu te délecteras alors de Shadaï; tu porteras tes faces vers Eloha! 22.27 Tu
intercéderas auprès de lui. Il t’entendra, et tu acquitteras tes vœux. 22.28 Tu
trancheras le dire : il se réalisera pour toi; et sur tes routes la
lumière fulgurera. 22.29 Quand
ils sont rabaissés, dis : « Enorgueillis-toi! » Il sauve ceux dont les
yeux sont baissés. 22.30 Il
délivrera le non-innocent; délivré grâce à la transparence de tes
paumes. ▲23.1 Iob répond et dit : 23.2
Aujourd’hui encore mon discours est amer; ma main s’appesantit sur mon
gémissement. 23.3 Qui
donnerait que je sache où le trouver? Je viendrais jusque dans son
intimité. 23.4 Je
préparerais le procès en face de lui; je remplirais ma bouche
d’admonestation. 23.5 Je
connaîtrais les mots qu’il me répondra; je discernerais ce qu’il me
dira. 23.6 Me
combattra-t-il de toute sa force? Non! Ah! lui-même se mettra en moi! 23.7 Là,
l’homme droit serait présent devant lui; et j’échapperais à jamais à
mon châtiment. 23.8 Mais
voici, je vais devant, il n’est pas; derrière, je ne le discerne pas. 23.9 À
gauche, quand il agit, je ne le contemple pas; il s’enveloppe à droite,
je ne le vois pas. 23.10 Oui,
il connaît la route qui est en moi. Qu’il m’examine; je sortirai comme
de l’or. 23.11 Mon
pied s’est pris dans sa marche. Je garde sa route et ne dévie pas. 23.12 Je ne
me soustrais pas à l’ordre de ses lèvres; Plus que ma loi, je recèle
les dires de sa bouche. 23.13 Mais
lui est tout un : qui le ferait retourner? Son être désire et agit. 23.14 Oui,
il accomplit mon destin; de pareilles sont nombreuses avec lui. 23.15 Sur
quoi je m’affole devant ses faces; je discerne et tremble devant lui. 23.16 Él
amollit mon cœur; Shadaï m’affole. 23.17 Non,
je ne suis pas anéanti en face de la ténèbre; mais il a recouvert mes
faces d’obscurité. ▲24.1 Pourquoi, par Shadaï, des
temps ne sont-ils pas réservés? Ses initiés ne contemplent pas ses
jours. 24.2 Ils
reculent les frontières, ils raflent le troupeau et le font pâturer. 24.3 Ils
conduisent l’âne des orphelins; ils prennent en caution le bœuf de la
veuve. 24.4 Ils se
détournent de la route, les pauvres; les humiliés de la terre se
cachent ensemble. 24.5 Voici,
des onagres au désert : ils sortent au travail, en quête d’une proie.
La steppe est pour eux le pain des jeunes. 24.6 Aux
champs ils moissonnent leur pitance; ils grappillent le vignoble du
criminel. 24.7 Ils
nuitent nus, sans vêtement, sans couverture contre le gel. 24.8 Ils
sont trempés par la trombe des montagnes; sans abri, ils étreignent le
roc. 24.9 Ils
volent l’orphelin sur le sein, et le prennent pour caution de l’humilié. 24.10 Nus,
ils les font aller sans vêtement; affamés, ils portent des gerbes. 24.11 Entre
leurs murettes ils écrasent les olives et foulent au pressoir; mais ils
ont soif. 24.12 De la
ville, des mortels gémissent, l’être des victimes appelle. Mais Eloha
n’y met pas de fadeur. 24.13 Ils
sont révoltés contre la lumière; ils ne reconnaissent pas ses routes et
n’habitent pas ses chemins. 24.14 Avant
la lumière, le tueur se lève, il assassine l’humilié et le pauvre. La
nuit, il est comme le voleur. 24.15 L’œil
de l’adultère épie le crépuscule pour dire : « Pas un œil ne me fixe! »
Il met un voile sur ses faces. 24.16 Dans
la ténèbre, il fracture les maisons. De jour, ils se bouclent et ne
connaissent pas la lumière. 24.17 Oui,
le matin est, pour eux ensemble, d’ombremort; oui, il ne reconnaît que
les affolements d’ombremort. 24.18 Il
flotte sur les faces des eaux; leur parcelle est maudite sur terre. Il
ne fraye pas de route aux vignobles. 24.19 Le
reg, la chaleur aussi, ravissent les eaux de neige, comme le Shéol les
fauteurs. 24.20 La
matrice l’oublie, la putréfaction s’en délecte; nul ne se souvient plus
de lui. La forfaiture se brise comme un arbre. 24.21 Il
pâture la stérile qui n’a pas enfanté, et n’est pas bon pour la veuve. 24.22 Il
entraîne les meneurs par sa force, il se lève et n’adhère pas à la vie. 24.23 Il
lui donne la sécurité où il s’appuie, ses yeux sur leurs routes. 24.24 Ils
s’élèvent un peu, puis ne sont plus; ils s’écroulent comme tous. Ils
sautent, fauchés comme la tête d’un épi. 24.25 S’il
n’en est pas ainsi, qui me détrompera, réduisant à rien mon mot? ▲25.1 Bildad le Shouhi répond et
dit : 25.2 À lui
de gouverner et de faire trembler, le faiseur de paix dans ses hauteurs! 25.3
Existe-t-il un nombre à ses troupes? Sur qui ne lève-t-elle pas, sa
lumière? 25.4 En
quoi l’homme aurait-il raison contre Él? Et qui innocenterait le natif
de la femme? 25.5 Voici,
même la lune n’auréole pas toujours; les étoiles ne sont pas nettes à
ses yeux. 25.6 Bien
moins encore l’humain, une putréfaction! Le fils d’Adâm, un ver! ▲26.1 Iob répond et dit : 26.2 Quoi,
tu veux aider sans force! sauver le bras dépourvu d’énergie! 26.3 Que
conseilles-tu sans sagesse? Quelle efficacité fais-tu connaître à la
multitude? 26.4 À qui
rapportes-tu les mots? L’haleine de qui sort-elle de toi? 26.5 Les
fantômes se convulsent sous les eaux, et ceux qui y demeurent. 26.6 Le
Shéol est nu contre lui; pas de couverture en Abadôn! 26.7 Il
étend le Septentrion sur le tohu; il suspend la terre sur rien. 26.8 Il
enserre les eaux dans ses nébulosités, et la nuée n’en crève pas. 26.9 Il
masque les faces de la pleine lune, et y déploie sa nuée. 26.10 Il
trace un cercle sur les faces des eaux, jusqu’au confluent de la
lumière et de la ténèbre. 26.11 Les
colonnes des ciels vacillent; à sa menace, elles s’étonnent. 26.12 En sa
force, il dompte la mer; en son discernement, il broie Rahab. 26.13 En
son souffle, les ciels sont harmonie : sa main a transpercé le Serpent
fuyard. 26.14
Voici, ce sont là les bouts de ses routes. Quel brin de parole y
entendons-nous? Qui discerne le tonnerre de ses puissances? ▲27.1 Iob continue à porter son
exemple et dit : 27.2 Vive
Él qui a rejeté mon droit! Shadaï a rendu mon être amer! 27.3 Mais
tant que mon haleine sera en moi, le souffle d’Eloha en ma narine, 27.4 mes
lèvres ne parleront pas avec forfaiture; ma langue ne murmurera pas de
duperie. 27.5
Profanation! Je ne vous donnerai pas raison jusqu’à ce que j’agonise.
Je ne rejetterai pas loin de moi mon intégrité. 27.6 J’ai
étreint ma justification, je ne la lâcherai pas; mon cœur n’a pas été
flétri par mes jours. 27.7 Que
mon ennemi soit comme le criminel; et comme le félon mon agresseur! 27.8 Oui,
quel est l’espoir de l’hypocrite quand il triche, quand Eloha pacifie
son être? 27.9 Sa
clameur, l’entend-il, Él, quand la détresse vient contre lui? 27.10 Se
délecte-t-il en Shadaï? Crie-t-il vers Eloha en tout temps? 27.11 Je
vous enseignerai ce qu’est la main d’Él; ce qui est avec Shadaï, je ne
le célerai pas. 27.12
Voici, vous tous vous le contemplez : pourquoi cela, la fumée dont vous
vous enfumez? 27.13 Telle
est la part de l’homme criminel envers Él; la possession que les tyrans
extirpent de Shadaï. 27.14 Quand
ses fils se multiplient, c’est pour l’épée; ses rejetons ne se
rassasient pas de pain. 27.15 Ses
rescapés sont ensevelis dans la mort; ses veuves ne pleurent pas. 27.16 Quand
il accumule l’argent comme de la poussière, quand il entasse, comme
d’argile, sa vêture, 27.17 il
prépare, mais le juste se revêt; l’innocent reçoit l’argent. 27.18 Il
s’est bâti comme une maison de mite, semblable à la cabane faite pour
un veilleur. 27.19 Il se
couche riche, mais n’est pas ajouté; il dessille ses yeux et n’est plus. 27.20 Les
affolements l’atteignent comme des eaux; l’ouragan le vole de nuit. 27.21 Le
vent du levant le porte; il va en tempête loin de son lieu. 27.22 Ils
tirent contre lui sans compassion; il s’enfuit, s’enfuit, loin de leurs
mains. 27.23 Ils
claquent de leurs paumes contre lui; ils sifflent contre lui de son
lieu. ▲28.1 Oui, l’argent a une
origine; l’or, un lieu où il se raffine. 28.2 Le fer
est pris de la glèbe, de la pierre d’où coule du bronze. 28.3 Il met
fin à la ténèbre; il scrute toute fin, la pierre, l’obscurité,
l’ombremort. 28.4 Il
fait une brèche pour un torrent, loin de toute résidence, oublié de
tout pied, du plus misérable des hommes errants. 28.5 Terre
d’où sort le pain, mais sous laquelle le bouleversement est comme un
feu. 28.6 Lieu
dont les pierres sont du saphir, avec des poussières d’or. 28.7 Chemin
que l’aigle ne connaît pas, que l’œil de la buse ne mire pas. 28.8 Les
petits des fauves n’y cheminent pas; le léonin n’y est pas accoutumé. 28.9 Il
envoie sa main contre le silex et bouleverse en leurs racines les
montagnes. 28.10 Dans
les rocs, il fend des Ieors; son œil voit tout ce qui est précieux. 28.11 Il
sonde le cours des fleuves, et ce qui est enfoui, il le fait sortir à
la lumière. 28.12 Mais
la sagesse, où se trouve-t-elle? Où donc ce lieu du discernement? 28.13
L’homme ne peut en connaître la valeur; elle ne se trouve pas sur la
terre des vivants. 28.14
L’abîme dit : « Elle n’est pas en moi. » La mer dit : « Pas chez moi! » 28.15 L’or
pur ne se donne pas contre elle; contre son prix l’argent ne se pèse
pas. 28.16 Elle
ne se troque pas avec l’or d’Ophir, avec l’onyx précieux ni le saphir. 28.17 Elle
ne se compare pas avec de l’or ni du verre; nul objet d’or ne s’échange
contre elle. 28.18
Corail, cristal ne sont pas évoqués. Saisir la sagesse plutôt que des
perles! 28.19 La
topaze de Koush ne la vaut pas; elle ne se troque pas avec du vermeil
pur. 28.20 Mais
la sagesse, d’où vient-elle? Où donc est-il, ce lieu du discernement? 28.21 Celée
aux yeux de tout vivant, elle est cachée au volatile des ciels. 28.22 La
perdition et la mort disent : « De nos oreilles nous avons entendu sa
rumeur. » 28.23
Elohîms discerne sa route et connaît son lieu. 28.24 Oui,
il regarde les extrémités de la terre; il voit sous tous les ciels, 28.25 pèse
le souffle, jauge les eaux à la mesure, 28.26 fait
la loi de la pluie, et la route pour les voix de l’éclair. 28.27 Alors
il la voit et l’apprécie; il l’apprête et la sonde même. 28.28 Et il
dit à l’homme : « Voici, frémir d’Adonaï, voilà la sagesse! S’écarter
du mal, voilà le discernement! » ▲29.1 Iob continue à porter son
exemple et dit : 29.2 Qui me
rendra les lunaisons d’antan, les jours où Eloha me gardait? 29.3 Dans
son auréole, sa lampe était sur ma tête; en sa lumière, j’allais dans
les ténèbres, 29.4 tel
que j’étais aux jours de ma juvénilité, en l’intimité d’Eloha, dans ma
tente, 29.5 quand
Shadaï était encore avec moi, avec, autour, mes adolescents, 29.6 quand
je baignais mes chevilles dans la crème, et que, du roc, des ruisseaux
d’huile coulaient pour moi. 29.7 À ma
sortie, à la porte de la cité, sur la place, je préparais mon siège. 29.8 Les
adolescents me voyaient et s’esquivaient; les vétérans se levaient et
restaient debout; 29.9 les
chefs retenaient leurs mots, ils mettaient la paume sur leur bouche; 29.10 la
voix des guides s’esquivait; leur langue collait à leur palais. 29.11 Oui,
l’oreille entendait et me félicitait; 29.12 l’œil
voyait et témoignait pour moi : oui, je délivrais l’humilié qui
appelle, l’orphelin sans aide. 29.13 La
bénédiction de l’égaré venait à moi; je faisais jubiler le cœur de la
veuve. 29.14
J’étais vêtu de justice et elle me revêtait; mon jugement était comme
un manteau et une tiare. 29.15
J’étais les yeux de l’aveugle, les pieds du boiteux. 29.16
Moi-même, père des pauvres, je scrutais la dispute de l’inconnu. 29.17 Je
brisais les molaires de la forfaiture; j’arrachais la proie de ses
dents. 29.18 Je
disais : « J’agoniserai en présence de mon nid » mais, comme de sable,
les jours se multipliaient. 29.19 Ma
racine ouverte aux eaux, la rosée nuitait sur ma moisson; 29.20 ma
gloire neuve pour moi, mon arc se déplaçait dans ma main. 29.21 Ils
m’entendaient, attendaient et faisaient silence; après mon conseil, 29.22 ils
ne répliquaient rien à ma parole; mon mot dégoulinait sur eux. 29.23 Ils
m’attendaient comme la pluie, et leur bouche béait à l’ondée. 29.24 Je
leur souriais : ils n’y croyaient pas; la lumière de mes faces ne les
abattait pas. 29.25 Je
choisissais leur route et siégeais à leur tête; je vivais comme un roi
parmi sa troupe, quand il réconforte des endeuillés. ▲30.1 Et maintenant ils rient de
moi, plus jeunes en jours que moi, ceux dont je rejetais les pères,
pour les placer avec les chiens de mes ovins. 30.2 Même
la force de leurs mains, qu’est-elle pour moi? Elle est perdue, leur
pétulance. 30.3 Dans
le manque et la malefaim bréhaigne, ils ont déserté au reg :
obscuration, anéantissement, néant… 30.4
Cueilleurs d’arroches et d’armoise, la racine des genêts est leur pain. 30.5
Expulsés du centre, ils prosternent contre eux comme après un voleur. 30.6 Ils
habitent les fissures des torrents, les trous de la glèbe, les antres, 30.7
grognent entre les armoises et s’entassent sous la sanve; 30.8 fils
de veule, fils sans nom, même, consternés, hors de la terre. 30.9 Et
maintenant je suis leur échanson; je suis pour eux un mot. 30.10 Ils
m’abominent, s’éloignent de moi, n’épargnent pas leur salive contre mes
faces. 30.11 Oui,
ils dénouent ma corde, me violentent, et jettent le mors contre mes
faces. 30.12 À
droite, des voyous surgissent, ils chassent mes pieds, et ouvrent
contre moi les voies de leur calamité. 30.13 Ils
défoncent mon chemin, utiles à mon infortune, sans secours pour eux. 30.14 Ils
rappliquent comme d’une large brèche, et se roulent sous la tourmente. 30.15 Les
affolements me bouleversent; ils pourchassent comme d’un souffle mon
bienfait. Mon salut passe comme une nébulosité. 30.16 Et
maintenant, contre moi mon être se répand; mes jours de misère me
saisissent. 30.17 La
nuit troue mes os contre moi; mes artères ne se couchent pas. 30.18 À
grande force, il s’agrippe à mon vêtement, me bouclant par la bouche de
ma tunique. 30.19
Tire-moi de l’argile : je m’identifierai à la poussière, à la cendre. 30.20 Je
t’appelle, mais tu ne me réponds pas; je me dresse, et tu me discernes. 30.21 Tu te
changes en être cruel pour moi; tu m’exècres en la vigueur de ta main. 30.22 Tu me
portes sur un souffle, me le fais chevaucher, et me dissous avec
efficacité. 30.23 Oui,
je le sais, tu me fais retourner à la mort, à la maison du rendez-vous
de tout vivant. 30.24 Ah!
qu’il n’envoie pas de main à la ruine, si dans leur échec il est un
appel! 30.25 Ainsi
je pleure la dureté du jour; mon être se navre pour le pauvre. 30.26 Oui,
j’espérais le bien, le mal est venu; j’attendais la lumière,
l’obscurité est venue. 30.27 Mes
viscères bouillonnent sans faire silence; les jours de misère m’ont
accueilli. 30.28
Sombre, je vais sans soleil; je me lève dans le rassemblement et
j’appelle. 30.29 Je
suis le frère des chacals, le compagnon des hiboux. 30.30 Ma
peau noircit sur moi; mes os dardent de siccité. 30.31 Et
c’est le deuil de ma lyre, ma viole à la voix des pleureurs. ▲31.1 J’avais tranché un pacte
pour mes yeux, afin de ne pas distinguer la vierge. 31.2 Mais
quelle est la part d’Eloha en haut? la possession de Shadaï dans les
hauteurs? 31.3
N’est-ce pas la calamité du félon, l’aliénation des ouvriers de fraude? 31.4 Ne
voit-il pas mes routes? Ne compte-t-il pas tous mes pas? 31.5
Allais-je avec le vaurien, mon pied s’activant pour la duperie? 31.6 Qu’il
me pèse aux balances de justice : Eloha connaîtrait mon intégrité! 31.7 Si ma
marche déviait de la route, si mon cœur allait derrière mes yeux, si
une tare collait à ma paume, 31.8 que je
sème, et qu’un autre mange; que mes rejetons soient déracinés! 31.9 Si mon
cœur était séduit par une femme, si je m’embusquais devant la porte de
mon compagnon, 31.10 que
ma femme fasse la mouture d’un autre; que, sur elle, d’autres
s’agenouillent! 31.11 Oui,
ce serait là une préméditation, un tort criminel. 31.12 Oui,
un feu, cela, jusqu’en Abadôn : il mangerait et déracinerait toute ma
récolte! 31.13 Si je
rejetais le droit de mon serviteur, de ma servante, dans leur
revendication contre moi, 31.14 que
ferai-je quand Él se lèvera? Quand il sanctionnera, que lui
répondrai-je? 31.15
N’est-ce pas dans un ventre que mon auteur l’a fait aussi, préparé dans
une matrice unique? 31.16 Ai-je
refusé le désir des miséreux, épuisé les yeux de la veuve, 31.17
mangeant seul une miche sans que l’orphelin n’en mange? 31.18 Oui,
depuis ma jeunesse je l’ai élevé comme un père, guidé depuis le ventre
de ma mère. 31.19 Si je
voyais un homme perdu sans vêtement, un pauvre sans couverture, 31.20 ses
lombes me bénissaient, de la toison de mes moutons se réchauffant. 31.21 Si
j’agitais ma main contre l’orphelin, quand je voyais, à la porte, une
aide pour moi, 31.22 que
mon épaule me tombe du torse, que mon bras se brise à la clavicule! 31.23 Oui,
à moi le tremblement, le désastre d’Él! Le supporter, je ne le pouvais. 31.24 Ai-je
mis mon expectative dans l’or, et dit au vermeil : « Ma sécurité? » 31.25 Me
suis-je réjoui de mes richesses immenses, et de ce que ma main ait
atteint la grandeur? 31.26 Si je
voyais la lumière s’auréoler et la lune précieuse s’en aller, 31.27 mon
cœur en était-il séduit en cachette, et ma bouche la baisait-elle de ma
main? 31.28 Cela
aussi aurait été un tort criminel : oui, j’aurais renié l’Él d’en haut. 31.29 Me
suis-je réjoui de l’échec de mon haineux, m’éveillant quand le malheur
le trouvait? 31.30 Ai-je
donné à mon palais de fauter, pour requérir l’imprécation contre son
être? 31.31 Les
hommes de ma tente ne disaient pas : « Qui donnera que de sa chair nous
nous rassasiions? 31.32 Le
métèque ne nuitait pas dehors : j’ouvrais mes portails à l’hôte. 31.33 Si
j’ai couvert comme un humain mes carences, pour enfouir mon tort dans
mon intégrité, 31.34
redoutant le tumulte multiple, effaré par le mépris des clans, je
ferais silence, je ne sortirais pas à la porte. 31.35 Qui
me donnera un auditeur? Voici ma griffe : que Shadaï me réponde; que
l’homme qui me combat écrive l’acte! 31.36 Sur
mon épaule je le porterais, et le nouerais en nimbe sur moi. 31.37 Je
lui rapporterais le nombre de mes pas; je l’accueillerais comme un
guide. 31.38 Si ma
terre clame contre moi, et ses sillons pleurent ensemble, 31.39 si
j’ai mangé ses produits sans payer, soufflant la vie de ses maîtres, 31.40 qu’au
lieu de blé sorte l’épine; au lieu de l’orge, l’ivraie! S’achèvent les
paroles de Iob. ▲32.1 Ces trois hommes cessent de
répondre à Iob; oui, lui, un juste à ses yeux. 32.2 Mais
la fureur d’Èlihou bèn Barakhél le Bouzi, du clan de Râm, brûle contre
Iob. Sa fureur brûle parce qu’il prétendait être juste contre Elohîms. 32.3 Contre
ses trois compagnons sa fureur brûlait, parce qu’ils n’avaient pas
trouvé de réponse en accusant Iob. 32.4 Èlihou
attendait pendant les paroles de Iob, car ils étaient plus anciens que
lui en jours. 32.5 Mais
Èlihou voit qu’il n’était pas de réponse dans la bouche des trois
hommes, et sa fureur brûle. 32.6 Èlihou
bèn Barakhél, le Bouzi, répond et dit : Je suis plus jeune en jours et
vous êtes des vétérans. Aussi je rampe et frémis d’énoncer ce que je
sais devant vous. 32.7 Je
disais : « Les jours parleront; le nombre des années fera connaître la
sagesse. » 32.8
Cependant, elle est un souffle en l’homme : c’est l’haleine de Shadaï
qui le fait discerner, 32.9 car
les sages, les anciens, qui discernent la justice ne sont pas nombreux. 32.10
Aussi, je dis : Entendez-moi. J’exprimerai, moi aussi, mon savoir. 32.11
Voici, j’ai attendu vos paroles; j’ai prêté l’oreille jusqu’au bout à
votre discernement, jusqu’à ce que vous ayez fini d’ausculter les mots. 32.12 Je
vois jusqu’au fond de vous. Mais voici : personne n’exhorte Iob, et pas
de réponse à ses dires de votre part! 32.13 De
peur que vous ne disiez : « Nous avons trouvé la sagesse : c’est à Él
de cingler, pas à l’homme! » 32.14 Il ne
m’a pas adressé de mots; aussi, je ne lui répondrai pas par vos dires. 32.15 Ils
s’effarent et ne répondent plus; ils ont extirpé les mots d’eux-mêmes. 32.16 J’ai
patienté jusqu’à ce qu’ils ne parlent pas : ils s’arrêtent et ne
répondent plus. 32.17 Je
répondrai, moi aussi, pour ma part; j’exprimerai mon savoir, moi aussi, 32.18 car
je suis rempli de mots, le souffle de mon ventre me presse. 32.19
Voici, mon ventre est comme un vin débouché, fendu comme des outres
neuves. 32.20 Je
parlerai, cela me soulagera; j’ouvrirai mes lèvres et répondrai, 32.21 car
je ne porte pas faces d’homme; donc je ne flatterai pas l’humain; 32.22 car
je ne sais pas flatter : mon créateur m’emporterait sous peu! ▲33.1 Cependant, entends donc,
Iob, mes mots; toutes mes paroles, écoute-les! 33.2 Voici
donc, j’ai ouvert ma bouche; ma langue parle en mon palais. 33.3
Droiture de mon cœur, mes dires; mes lèvres profèrent clairement la
connaissance. 33.4 Le
souffle d’Él m’a fait, l’haleine de Shadaï me vivifie. 33.5 Si tu
le peux, réponds-moi; en face de moi, range-toi, poste-toi. 33.6 Voici,
je suis comme ta bouche pour Él, moi aussi plissé d’argile. 33.7 Voici,
mon effroi ne te terrorisera pas; ma sollicitation ne te pèsera pas. 33.8 Mais
tu as parlé à mes oreilles; j’entends la voix des mots : 33.9 « Je
suis pur, sans carence, moi-même, l’innocent, sans tort en moi. 33.10
Voici, il trouve contre moi de quoi me récuser; il me considère comme
son ennemi. 33.11 Il
met mes pieds aux brancades et surveille toutes mes voies. » 33.12
Voici, en cela tu n’as pas été juste, et je te réponds. Oui, Eloha est
plus grand que l’homme. 33.13
Pourquoi l’as-tu combattu? Est-ce parce qu’il n’a pas répondu à toutes
tes paroles? 33.14 Oui,
d’un, Él parle; et de deux, il ne le contemple pas. 33.15 C’est
dans un rêve, un songe, de nuit, à la tombée de la torpeur sur les
hommes, dans les somnolences sur la couche. 33.16 Alors
il découvre l’oreille des hommes; il scelle leur correction, 33.17 pour
écarter l’humain de l’action, et recouvrir l’orgueil humain. 33.18 Il
épargne à son être le pourrissoir, à sa vie de passer sous le dard. 33.19 Il
l’exhorte par la douleur sur sa couche, par le constant combat de ses
os. 33.20 Sa
vie a la nausée du pain; son être, de la nourriture appétissante. 33.21 Sa
chair se consume à vue; ses os, cachés, saillent. 33.22 Son
être approche du pourrissoir; sa vie, des tueurs. 33.23 S’il
est pour lui un messager, un seul interprète entre mille, qui rapporte
la droiture de l’humain, 33.24 il
lui fait grâce et dit : « Délivrez-le, pour qu’il ne descende pas au
pourrissoir. J’ai trouvé l’absolution. » 33.25 Sa
chair a l’incarnat de la jeunesse; il retourne aux jours de sa
juvénilité. 33.26 Il
intercède auprès d’Eloha : il l’agrée. Il voit ses faces en
l’acclamant; il restitue à l’homme sa justice. 33.27 Il
fixe les hommes et dit : « J’avais fauté, j’avais perverti la droiture;
mais cela, il ne me l’a pas compté. 33.28 Il a
racheté mon être pour qu’il ne passe pas au pourrissoir. Ma vie voit la
lumière »! 33.29
Voici, Él fait tout cela, deux, trois fois avec le brave : 33.30 faire
retourner son être du pourrissoir, pour l’illuminer dans la lumière des
vivants. 33.31 Sois
attentif, Iob, entends-moi, tais-toi : je parle, moi-même. 33.32 S’il
existe des mots, réponds-moi, parle! Oui, je désire la justice. 33.33
Sinon, entends-moi, toi, et tais-toi : je te dompterai par la sagesse. ▲34.1 Èlihou répond et dit : 34.2 Sages,
entendez mes mots! Connaisseurs, écoutez-moi! 34.3 Oui,
l’oreille distingue les mots; le palais goûte la nourriture. 34.4 Le
jugement, choisissons-le pour nous : nous saurons entre nous ce qui est
bien. 34.5 Oui,
Iob dit : « J’ai raison! Él a écarté mon jugement. 34.6 Dans
mon jugement je suis déçu. Pernicieuse est ma flèche, étant sans
carence en moi. » 34.7 Quel
brave, comme Iob, boit la moquerie comme de l’eau? 34.8
Cependant, il est l’hôte d’une société d’ouvriers de la fraude, et va
avec les hommes du crime. 34.9 Oui,
il disait : « Le brave ne bénéficie pas à être agréé par Elohîms. » 34.10
Aussi, hommes de cœur, entendez-moi! Profanation! À Él, le crime? À
Shadaï, le forfait? 34.11 Oui,
il rétribue l’ouvrage de l’humain, et le traite selon la voie de
l’homme. 34.12 Mais,
en vérité, Él n’est pas coupable; Shadaï ne pervertit pas le jugement. 34.13 Qui
l’a préposé sur terre? Qui a établi le monde entier? 34.14 Y
mettrait-il son cœur, réunirait-il à lui son souffle et son haleine, 34.15
toutes chairs agoniseraient ensemble; l’humain retournerait à la
poussière. 34.16 Si tu
as du discernement, entends ceci; écoute la voix de mes mots. 34.17 Qui
hait le droit peut-il gouverner? Accuseras-tu le grand juste? 34.18
Diras-tu au roi : « Belia’al! » ou : « Criminels! » à des bienfaiteurs? 34.19 Lui,
il ne porte pas les faces des chefs, et ne distingue pas le riche du
miséreux. Oui, ils sont tous l’œuvre de ses mains. 34.20 Ils
meurent en un instant, au milieu de la nuit; le peuple s’agite et
passe; ils écartent le meneur, sans main. 34.21 Oui,
ses yeux sont sur les routes de l’homme; il voit tous ses pas. 34.22 Nulle
ténèbre, nulle ombremort ne peut cacher les ouvriers de la fraude. 34.23 Non,
il ne fixe pas de date à l’homme pour aller en jugement devant Él. 34.24 Il
malmène les grands sans nombre et en élève d’autres à leur place. 34.25 Ainsi
reconnaît-il leurs services. Il les bouleverse la nuit, et ils sont
accablés. 34.26 Quant
aux criminels, il les éreinte, en un lieu plein de spectateurs, 34.27 parce
qu’ils se sont écartés de lui, manquant de perspicacité sur toutes ses
routes, 34.28 pour
faire venir contre lui la protestation du miséreux, et entendre la
protestation des humiliés. 34.29 Il
apaise : qui accuserait? Il cache les faces : qui les contemplerait?
Nation ou humain ensemble? 34.30 Pour
que l’hypocrite ne règne pas sur l’humain, en piège pour le peuple. 34.31 Oui,
dire à Él : « Je pâtis, je ne me rebifferai pas. 34.32
Enseigne-moi ce que je ne vois pas. Si j’ai commis un forfait, je ne
continuerai pas. » 34.33 Pour
toi, te paierait-il parce que tu l’as rejeté? « Oui, choisis, pas moi!
» Parle de ce que tu connais! 34.34 Les
hommes de cœur me le diront; l’homme sage m’entend : 34.35 « Iob
parle sans connaître; ses paroles sont dépourvues de perspicacité. 34.36 Mon
père! Iob sera examiné jusqu’à la fin, pour ses réponses d’homme de
fraude. 34.37 Oui,
Iob ajoute à sa faute la carence; il éreinte parmi nous et multiplie
ses dires contre Él. » ▲35.1 Èlihou répond et dit : 35.2
Penses-tu cela avec justice? Tu dis : « Je suis plus juste qu’Él! » 35.3 Oui,
tu dis : « Que t’importe? Et quelle utilité à ne pas fauter? 35.4 Moi,
je te répondrai par des mots, et à tes compagnons avec toi. 35.5
Regarde les ciels et vois?; fixe l’éther : ils sont plus hauts que toi. 35.6 Si tu
fautes, en quoi œuvres-tu contre lui? Tes carences se
multiplient-elles? Que lui as-tu fait? 35.7 Si tu
es juste, que lui donnes-tu? Et que prendrait-il de ta main? 35.8 À
l’homme semblable à toi, ton crime! Au fils d’Adâm, ta justification! 35.9 De
trop d’oppression, ils clament, et appellent contre le bras des grands. 35.10 Mais
nul ne dit : « Où est-il, Eloha, mon créateur, le donneur des mélodies
de la nuit? 35.11 Il
nous dresse plus que les bêtes de la terre; plus que le volatile des
ciels il nous donne la sagesse. » 35.12 Là,
ils vocifèrent, mais il ne répond pas, à cause du génie des malfaiteurs. 35.13 Mais
en vain! Él n’entend pas! Shadaï ne le regarde pas! 35.14 Ou
quand tu dis : « Tu ne le regardes pas! » Le procès est en face de lui,
et tu languis après lui. 35.15 Et
maintenant, non, rien! Il déchaîne sa fureur et ne connaît pas grande
trêve. 35.16 Iob,
fumée! Sa bouche bée, il palabre, sans connaître les mots. ▲36.1 Èlihou continue et dit : 36.2
Attends un peu : je m’exprimerai pour toi. Oui, Eloha a encore des mots. 36.3 Je
porte au loin ma connaissance, et rends justice à mon créateur, 36.4 car en
vérité mes mots ne sont pas un mensonge; ma connaissance est intègre
avec toi. 36.5 Voici,
Él est grand, il ne rejette pas; grand en force, en cœur. 36.6 Le
criminel ne vit pas. Il rend le jugement des humiliés. 36.7 Il ne
soustrait pas ses yeux du juste; il les installe auprès des rois sur le
trône, et les élève à jamais. 36.8 S’ils
sont liés aux fers, enchaînés aux cordes de l’humiliation, 36.9 il
leur rapporte leurs œuvres, car leurs carences s’étaient renforcées. 36.10 Il
découvre leurs oreilles à la discipline; et il dit : « Oui, ils
retourneront de la fraude. » 36.11 S’ils
entendent et servent, leurs jours s’achèvent dans le bien; leurs années
dans les délices. 36.12 S’ils
n’entendent pas, ils passent sous le dard; ils agonisent dans la
non-connaissance. 36.13 Les
cœurs hypocrites excitent la fureur; ils n’appellent pas quand il les
lie. 36.14 Leur
être meurt en pleine jeunesse; leur vie dans les puteries. 36.15 Il
renfloue l’humilié de son humiliation, et découvre leur oreille dans
l’oppression. 36.16 Toi
aussi, il t’attirera hors de la bouche de la détresse, large, sans
fond, au répit de ta table pleine d’onctuosité. 36.17 Tu
étais plein d’un procès criminel; le procès et le jugement te
soutenaient. 36.18 Oui,
que la fièvre ne t’incite pas au doute! Que la rançon multiple ne te
dévoie! 36.19 Ton
appel vaudra-t-il, sinon dans la détresse? Ou tous les efforts de la
force? 36.20
N’aspire pas à la nuit, pour hisser des peuples de leur place. 36.21
Prends garde! Ne fais pas face à la fraude! Oui, tu avais préféré cela
à l’humiliation. 36.22 Oui,
Él culmine dans sa force. Qui est, comme lui, l’enseigneur? 36.23 Qui a
préposé pour lui sa route? Qui lui dit : « Tu commets une forfaiture!? » 36.24
Souviens-toi que son œuvre, que les hommes regardent, s’épanouit. 36.25 Tous
les humains la contemplent; l’homme la regarde de loin. 36.26
Voici, Él est immense et pas connu; le nombre de ses années est
incalculable. 36.27 Oui,
il met en réserve des dégoulinements d’eaux et distille la pluie de
vapeur 36.28 dont
l’éther ruisselle; elle dégoutte sur l’humain, abondamment, 36.29 quand
il discerne aussi les déploiements d’une nébulosité, aux déflagrations
de sa hutte. 36.30
Voici, il déploie sa lumière au-dessus, et découvre les racines de la
mer. 36.31 Oui,
là il juge les peuples, et donne la nourriture à profusion. 36.32 À
deux paumes, il se recouvre de lumière, et lui ordonne une cible. 36.33 Son
tonnerre l’annonce, l’ardeur d’une fureur sur un cyclone! ▲37.1 De cela même mon cœur
tressaille et palpite en son lieu. 37.2
Entendez, entendez l’irritation de sa voix, le murmure qui sort de sa
bouche. 37.3 Sous
tous les ciels, il le débride, sa lumière sur les ailes de la terre. 37.4
Derrière lui la voix rugit; il tonne par la voix de son génie et ne la
refrène pas : oui, il fait entendre sa voix. 37.5 De sa
voix, Él tonne; prodiges, faiseur de grandeurs; et nous ne le pénétrons
pas. 37.6 Oui, à
la neige il dit : « Sois sur terre! » Averse, pluie, averse, ô pluie de
son énergie! 37.7 Il
ferme la main de tout humain, pour que tous les hommes pénètrent son
œuvre. 37.8
L’animal vient dans la tanière, hante son repaire. 37.9
L’ouragan vient de la Chambre, le gel des Irradiations. 37.10 De
l’haleine d’Él il donne la glace; l’étendue des eaux se solidifie. 37.11 Il
leste le ru dans la nue, et la nuée diffuse sa lumière. 37.12 Il
tourbillonne, tournoie en ses impulsions, pour œuvrer à tout ce qu’il
leur ordonne sur les faces du monde, à terre. 37.13 Il
les provoque, soit comme verge, soit en grâce et son chérissement. 37.14
Écoute cela, Iob! Dresse-toi, discerne les prodiges d’Él! 37.15
Sais-tu quand Eloha la met sur eux, et que resplendit la lumière de sa
nuée? 37.16
Pénètres-tu les pondérations de la nébulosité, les prodiges d’intègres
pénétrations, 37.17 toi
dont les habits sont chauds, au calme de la terre du Midi? 37.18 Avec
lui, as-tu laminé l’éther, fort comme un miroir solide? 37.19
Fais-nous savoir que lui dire : nous cesserons d’être confrontés aux
faces de la ténèbre. 37.20 Lui
est-il rapporté que je parle? Quand l’homme le dit, est-il englouti? 37.21
Maintenant, ils ne voient pas la lumière, ni la clarté de l’éther,
quand le souffle est passé et les a purifiés. 37.22 Du
septentrion, l’or surgit d’Eloha frémissant de majesté. 37.23 Nous
n’avons pas inventé Shadaï, immense en force. Au jugement, où la
justification est multiple, il ne violente pas. 37.24
Aussi, les hommes frémissent de lui. Tout cœur sage ne voit. ▲38.1 IHVH-Adonaï répond à Iob,
de la tempête, et dit : 38.2 Quel
est celui qui enténèbre le conseil, aux mots sans pénétration? 38.3 Ceins
donc tes lombes, comme un homme. Je te questionne : fais-moi pénétrer. 38.4 Où
étais-tu quand j’ai fondé la terre? Rapporte-le, si tu pénètres le
discernement! 38.5 Qui a
fixé ses mesures? Le pénètres-tu? Qui a tendu sur elle le cordeau? 38.6 Dans
quoi ses socles furent-ils enfoncés? Qui a tiré sa pierre d’angle, 38.7 quand
les étoiles du matin jubilaient ensemble, aux ovations de tous les fils
d’Elohîms? 38.8 Qui
clôtura la mer à deux portails, quand, en son déferlement, elle sortit
de la matrice; 38.9 quand
je lui impartis la nuée pour vêtement, et pour lange le brouillard? 38.10 Je la
brisai par ma loi et lui mis un verrou, des portails. 38.11 Je
dis : « Viens jusqu’ici, ne continue pas! Ici s’arrête le génie de tes
vagues! » 38.12
As-tu, en tes jours, donné des ordres au matin? As-tu fait connaître
son lieu à l’aube, 38.13 pour
saisir les ailes de la terre et y berner les criminels? 38.14 Elle
se transforme comme l’argile sous un sceau, et ils surgissent comme
dans un vêtement. 38.15 Mais
leur lumière est interdite aux criminels; le bras levé est brisé. 38.16 Es-tu
venu jusqu’aux enfonçures de la mer? As-tu cheminé dans les arcanes de
l’abîme? 38.17 Se
sont-elles découvertes à toi, les portes de la mort? Vois-tu les portes
de l’ombremort? 38.18
Discernes-tu jusqu’aux immensités de la terre? Rapporte, si tu la
pénètres toute. 38.19 Sur
quelle route demeure la lumière? La ténèbre, où est son lieu, 38.20 pour
que tu les prennes à leur frontière, et discernes les chemins de leur
maison? 38.21 Tu le
sais; oui, tu étais né alors! Il est grand, le nombre de tes jours! 38.22 As-tu
accédé aux réserves de neige? Vois-tu les réserves de grêle 38.23 que
j’épargne pour les temps de détresse, pour le jour de la mêlée et de la
guerre? 38.24 Où
est la route qui distribue la lumière, qui souffle le simoun sur la
terre? 38.25 Qui
fend le canal des inondations, la routes des voies de l’éclair, 38.26 pour
faire pleuvoir sur une terre sans homme, sur un désert sans humain; 38.27 pour
rassasier l’anéantissement, le néant, et faire germer la sortie du
gazon? 38.28
A-t-elle un père, la pluie? Ou qui enfante les gouttelettes de la rosée? 38.29 Du
ventre de qui sort la glace? Le givre des ciels, qui l’enfante? 38.30 Les
eaux se dissimulent sous l’apparence de la pierre, prises sur les faces
de l’abîme. 38.31 As-tu
lié les banderoles de la Pléiade? Ou dénoué les drisses d’Orion? 38.32
Fais-tu sortir à temps les constellations? Réconfortes-tu l’Ourse avec
ses fils? 38.33
Pénètres-tu les lois des ciels? Mets-tu leur influence sur terre? 38.34
Élèves-tu ta voix dans la nébulosité, pour que le déferlement des eaux
te couvre? 38.35
Lances-tu les éclairs et vont-ils? Te disent-ils : « Nous voici? » 38.36 Qui
impartit la sagesse aux ibis? Ou qui donne le discernement au coq? 38.37 Qui
raconte l’éther avec sagesse? Qui incline les outres des ciels, 38.38 et
coule la poussière en solide, quand les mottes se collent? ▲39.1(38.39)
Chasses-tu la proie pour le lion? Assouvis-tu l’animalité des lionceaux, 39.2 (38.40)
quand ils s’accroupissent dans les repaires, se tapissent dans le
fourré, aux aguets? 39.3 (38.41)
Qui prépare la provende du corbeau, quand ses petits appellent Él et
vaguent sans nourriture? 39.4 (39.1)
Connais-tu le temps où enfantent les bouquetins du rocher?
Surveilles-tu le spasme des biches? 39.5 (39.2)
Comptes-tu les lunes qu’elles remplissent? Connais-tu le temps de leur
parturition, 39.6 (39.3)
quand elles se ploient, mettent bas leurs petits, expulsant leur faix? 39.7 (39.4)
Leurs faons forcissent, croissent dans la lande, sortent et ne
reviennent plus. 39.8 (39.5)
Qui envoie l’onagre en liberté? Et qui dénoue les liens de l’hémione? 39.9 (39.6)
J’ai mis dans la steppe sa maison, ses demeures dans les salins. 39.10 (39.7)
Il se rit du tumulte de la cité, n’entend pas les huées du cerbère. 39.11 (39.8)
Il prospecte les montagnes, sa pâture, où il quête toute verdure. 39.12 (39.9)
L’aurochs consent-il à te servir? Nuite-t-il dans ta crèche? 39.13 (39.10)
Attelles-tu l’aurochs par sa bride au sillon? Herse-t-il derrière toi
les vallées? 39.14 (39.11)
Te fies-tu à lui parce que sa force est immense? Lui abandonnes-tu ton
labeur? 39.15 (39.12)
Adhères-tu à lui pour qu’il te rapporte ta semence et remplisse ton
aire? 39.16 (39.13)
Le virtuose ailé exulte, le pennage, la cigogne, les rémiges… 39.17 (39.14)
Oui, elle abandonne à terre ses œufs; elle les chauffe dans la
poussière. 39.18 (39.15)
Elle oublie que le pied les écrase, que l’animal du champ les foule. 39.19 (39.16)
Elle brutalise ses petits comme non siens, sans crainte pour la vanité
de sa peine. 39.20 (39.17)
Oui, Eloha a obnubilé sa sagesse et ne lui a pas imparti de
discernement. 39.21 (39.18)
Mais au temps où elle décolle vers le haut, elle se rit du cheval et de
son cavalier. 39.22 (39.19)
Donnes-tu au cheval l’héroïsme? Revêts-tu son cou d’une crinière? 39.23 (39.20)
Le fais-tu bondir comme un criquet? Majesté, effroi de son hennissement! 39.24 (39.21)
Il rue dans la vallée, piaffe avec force et sort à la rencontre des
armes. 39.25 (39.22)
Il se rit de la peur et ne s’effare pas, ne recule pas en face de
l’épée. 39.26 (39.23)
Le carquois tinte sur lui, l’éclair de la lance et de la javeline. 39.27 (39.24)
Bondissant et frémissant, il absorbe la terre, inébranlable à la voix
du shophar. 39.28 (39.25)
À l’éclat du shophar, il dit : « Hèah! » De loin, il hume la guerre, le
tonnerre des chefs, l’ovation.. 39.29 (39.26)
Discernes-tu comment s’empenne l’épervier, qui déploie ses ailes vers
le Téimân? 39.30 (39.27)
Est-ce par ta bouche que le vautour s’élève et juche son nid, 39.31 (39.28)
hante le rocher et nuite sur la dent d’un rocher ou d’une trappe? 39.32 (39.29)
De là il guette sa proie; ses yeux regardent au loin. 39.33 (39.30)
Ses oisillons se gorgent de sang. Il est là où sont les victimes. 39.34 (40.1)
IHVH-Adonaï répond à Iob et dit : 39.35 (40.2)
Le contestataire de Shadaï se corrigera-t-il? Le censeur d’Eloha
répondra-t-il? 39.36 (40.3)
Iob répond à IHVH-Adonaï et dit : 39.37 (40.4)
Voici, j’étais léger. Que te répondrai-je? Je mets ma main sur ma
bouche. 39.38 (40.5)
Un, j’ai parlé, mais n’ai pas répondu; deux, je n’ajouterai rien. ▲40.1(40.6)
IHVH-Adonaï répond à Iob de la tempête et dit : 40.2 (40.7)
Ceins donc tes lombes comme un brave. Je te questionne : fais-moi
connaître! 40.3 (40.8)
Nies-tu ma justice? Me condamnes-tu pour te justifier? 40.4 (40.9)
As-tu un bras comme Él? D’une voix comme la sienne tonnes-tu? 40.5 (40.10)
Pare-toi donc de génie et de grandeur! Vêts-toi de majesté, de
magnificence, 40.6 (40.11)
et que se dispersent les emportements de ta fureur! Vois tout
orgueilleux, rabaisse-le! 40.7 (40.12)
Vois tout orgueilleux, terrasse-le! Accable le criminel sur place! 40.8 (40.13)
Enfouis-les ensemble dans la poussière, leurs faces bandées dans
l’enfouissement! 40.9 (40.14)
Moi aussi je te célébrerai, pour ce que ta droite t’aura sauvé! 40.10 (40.15)
Voici donc Behémot, l’hippopotame, que j’ai fait avec toi. Il mange de
l’herbe comme un bovin. 40.11 (40.16)
Le voici donc, sa force dans ses hanches; sa virilité dans les muscles
de son ventre. 40.12 (40.17)
Il bande sa queue, semblable à un cèdre; les nerfs de sa croupe sont
entrelacés. 40.13 (40.18)
Ses os : des tubes de bronze; son squelette, tel un ringard de fer. 40.14 (40.19)
Lui, en-tête des routes d’Él; son créateur lui présente son épée. 40.15 (40.20)
Oui, les montagnes portent pour lui des récoltes; tous les animaux du
champ jouent avec lui. 40.16 (40.21)
Il se couche sous les jujubiers, au voile de la jonchaie du marais. 40.17 (40.22)
Les jujubiers l’obombrent de leur ombre; les saules du torrent le
recouvrent. 40.18 (40.23)
Voici que le fleuve l’entraîne : il ne se précipite pas; que le Iardèn
déferle dans sa gueule : il reste impassible. 40.19 (40.24)
Le capturent-ils par les yeux? De dards, lui percent-ils la narine? 40.20 (40.25)
Hales-tu le Leviatân à l’hameçon, à la corde enfoncée sous la langue? 40.21 (40.26)
Mets-tu le grappin dans sa narine? Lui perces-tu la joue au croc? 40.22 (40.27)
Te prodigue-t-il des supplications? Ou bien te parle-t-il avec
tendresse? 40.23 (40.28)
Tranche-t-il un pacte avec toi? Le prends-tu pour serf à jamais? 40.24 (40.29)
Joues-tu avec lui comme l’oiseau? L’attrapes-tu pour tes adolescentes? 40.25 (40.30)
Les associés le marchandent-ils? Le débitent-ils entre les marchands? 40.26 (40.31)
Cribles-tu de piquants sa peau? Au harpon à poissons sa tête? 40.27 (40.32)
Mets sur lui ta paume : au souvenir de cette guerre tu n’y reviendras
plus! 40.28 (41.1)
Voici, son attente a été trompée; à sa seule vision, il est renversé. ▲41.1(41.2) Nul
n’est assez intrépide pour l’éveiller. Qui se postera en face de moi? 41.2 (41.3)
Qui avancera? Je lui réglerai son compte! Tout, sous les ciels, est à
moi! 41.3 (41.4)
Celui-là, je ferai taire son fait, la parole des héroïsmes, la grâce de
sa vaillance. 41.4 (41.5)
Qui découvre ses faces, sa vêture? Qui franchit son double mors? 41.5 (41.6)
Les portes de ses faces, qui peut les ouvrir Autour de ses dents, c’est
l’effroi. 41.6 (41.7)
L’orgueil du ruissellement de boucliers, fermés, étroitement scellés, 41.7 (41.8)
l’un dans l’autre imbriqués; le souffle ne pénètre pas entre eux. 41.8 (41.9)
L’un à l’autre collés, ils s’agglomèrent et ne se séparent pas. 41.9 (41.10)
Ses éternuements s’auréolent de lumière, ses yeux semblables aux
paupières de l’aube. 41.10 (41.11)
De sa bouche émanent des torches; des flammèches de feu s’en échappent. 41.11 (41.12)
Une fumée jaillit de ses naseaux, comme d’un chaudron effervescent ou
de scirpes. 41.12 (41.13)
Son être flamboie de braises; la flamme jaillit de sa gueule. 41.13 (41.14)
En son col nuite l’énergie; en face de lui, la mortification pirouette. 41.14 (41.15)
Les fanons de sa chair collent, coulés sur lui, inébranlables. 41.15 (41.16)
Son cœur est compact comme une pierre, compact comme une meule gisante. 41.16 (41.17)
À son irruption, les intrépides s’épouvantent, les brisants se dérobent. 41.17 (41.18)
L’épée l’atteint sans se planter, la lance, la pique, le dard. 41.18 (41.19)
Il compte le fer pour chaume; pour bois pourri le bronze. 41.19 (41.20)
L’archer ne le fait pas fuir; les pierres de la fronde pour lui se
changent en paille. 41.20 (41.21)
La massue compte pour paille, et il se rit de la vibration d’une
javeline. 41.21 (41.22)
Il a sous lui des pointes de tessons; il s’étale comme une herbe sur le
limon. 41.22 (41.23)
Comme un chaudron il fait bouillonner le gouffre, et met la mer en
potion. 41.23 (41.24)
Derrière lui, le sillage irradie; l’abîme s’énumère en sénescence. 41.24 (41.25)
Nul sur la poussière n’est à son exemple, fait pour ne pas s’effarer. 41.25 (41.26)
Il voit toute hauteur, lui, le roi de tous les fils de fauves. ▲42.1 Iob répond à IHVH-Adonaï et
dit : 42.2 Je
sais que tu peux tout; rien n’est impossible pour toi. 42.3 Qui
occultait sans pénétration la décision? Ainsi je m’y opposais sans la
discerner, trop prodigieuse pour moi, sans la pénétrer. 42.4
Entends donc! Je parlerai moi-même. Je t’ai interrogé, et tu m’as fait
pénétrer. 42.5 Je
t’avais entendu à ouïe d’oreille. Maintenant, mon œil t’a vu. 42.6 Sur
quoi je me rétracte et me conforte dans la poussière et la cendre. 42.7 Et
c’est après que IHVH-Adonaï eut dit ces paroles à Iob, IHVH-Adonaï dit
à Èliphaz le Téimani : « Ma fureur brûle contre toi et contre tes deux
compagnons, car vous n’avez pas parlé de moi avec exactitude, comme
Iob, mon serviteur. 42.8
Maintenant, prenez pour vous sept bouvillons et sept béliers. Allez
vers Iob, mon serviteur; faites monter pour vous une montée. Iob mon
serviteur, priera pour vous. Ainsi, je porterai ses faces, afin de ne
pas faire de vous une charogne, car vous n’avez pas parlé de moi avec
exactitude, comme Iob mon serviteur. » 42.9 Ils
vont, Èliphaz le Téimani, Bildad le Shouhi, et Sophar le Na’amati. Ils
font comme IHVH-Adonaï leur avait dit. IHVH-Adonaï porte les faces de
Iob. 42.10
IHVH-Adonaï fait retourner le retour de Iob, après sa prière pour son
compagnon. IHVH-Adonaï ajoute tout ce qu’avait fait Iob, au double. 42.11
Viennent à lui tous ses frères, ses sœurs, ses connaissances de jadis.
Ils mangent avec lui le pain dans sa maison. Ils hochent la tête sur
lui et le réconfortent de tout le malheur que IHVH-Adonaï avait fait
venir contre lui. Un homme lui donne une qesita, un homme une narinière
d’or. 42.12
IHVH-Adonaï bénit l’après de Iob plus que son en-tête. Et c’est pour
lui quatorze mille ovins, six mille chameaux, mille paires de bovins,
mille ânesses. 42.13 Et
c’est pour lui sept fils et trois filles. 42.14 Il
crie le nom de l’une : « Iemima, Colombine »; le nom de la deuxième : «
Qesi’a, Cinnamome »; et le nom de la troisième : « Qèrèn-ha-Poukh,
Cornet à Poukh. » 42.15 Il ne
se trouve pas de femmes aussi belles que les filles de Iob sur toute la
terre. Leur père leur donne une possession au milieu de leurs frères. 42.16 Iob,
après cela, vit cent quarante ans. Il voit ses fils, les fils de ses
fils : quatre âges. 42.17 Et
Iob meurt vieux, rassasié de jours.