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Traduction
de la Bible, version "Chouraqui".
En lisant la version biblique "Chouraqui", son
style donne l'impression
à beaucoup de chrétiens que cette version biblique est entièrement
très
littérale ; et certains chrétiens croient même que cette
version est la plus littérale en français qui existe. Cette version
traduit très bien de nombreux versets avec une très grande précision.
Cependant, pour certains versets,
son style écrit
est trompeur, car ce style donne l'impression que c'est parce qu'elle
est fidèlement traduite mot à mot à partir de l'original. Or, c'est
très
loin d’être le cas pour certains versets.
Par exemple, la Chouraqui traduit très mal "Jean 1.1".
Presque tous les mots dans ce verset sont inexacts. Parmi toutes les
versions existantes dans toutes les langues, la Chouraqui est
probablement celle qui traduit le moins bien ce verset 1 du chapitre 1
de l'Évangile selon Jean (Jean 1.1).
Donc la grande majorité des autres versions bibliques traduisent mieux
"Jean 1.1". Voici ce verset dans la version "Chouraqui" :
Jean 1.1 (version "Chouraqui") : "Entête, lui, le logos et le logos,
lui, pour Elohîms, et le logos, lui, Elohîms."
Analysons ce verset :
1- Le mot "logos" est le mot grec λόγος qui a été translittéré. Or la signification de ce mot grec existe déjà en
français et c’est "parole".
Le mot juste doit donc être traduit par "parole", car on est supposé traduire en français.
2- Le mot "Elohîms" est la translittération
du mot hébreu (de l'Ancien Testament) qui signifie "Dieu".
Or, les écritures originales du "Nouveau
Testament"
sont en grec : θεὸς (theos = dieu ou Dieu). C’est donc du grec qu’on doit traduire et non pas
convertir les lettres ou le vocale d'un mot à partir de l’hébreu de l’Ancien Testament. Le mot grec doit
donc être traduit par "Dieu".
Pourquoi compliquer la lecture aux lecteurs ! Pourquoi faudrait-il que
les gens devinent ce que signifient ces mots translittérés ! Pourquoi
ajouter une telle confusion !
3- Concernant le
mot "Entête", le mot
grec signifie "commencement"
ou "début" et non pas "Entête", lequel est le texte
en haut d’une page. Le mot juste doit donc être traduit par "commencement".
4- Dans ce verset,
le mot "lui" n’est pas
dans le grec. Donc le mot "lui"
ne doit pas apparaître dans le verset "Jean 1.1".
5- Dans le grec
original, le verbe "être"
(ἦν) se trouve 3 fois dans "Jean
1.1", mais la traduction "Chouraqui"
ne traduit pas du tout ce verbe grec en "Jean 1.1". Donc la "Chouraqui" ignore ce verbe en "Jean 1.1" comme s'il n'existait pas. Dans le grec, ce verbe "être" est 3 fois en "Jean 1.1" ; et les 3 fois,
il est à l’imparfait, à la 3e personne du singulier" : ἦν = "était".
La Chouraqui donne l’impression à un
non-connaisseur d’être une traduction littérale et fidèle quand on lit
ce verset, mais en
réalité elle n’est pas littérale du tout.
Elle ne traduit pas bien le
verset "Jean 1.1" ; on pourrait rarement trouver pire comme traduction.
C’est quand même beaucoup de faussetés dans la traduction d’un seul
verset. Un jeune chrétien débutant en grec traduirait ce verset
beaucoup mieux.
En fait, la "Chouraqui" trompe les gens dans
plusieurs versets. Changer volontairement les mots
d'un verset peut induire des chrétiens dans l'erreur et dans la
confusion.
Voici ce verset "Jean 1.1" dans le grec original :
Jean 1.1: "Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος, καὶ ὁ λόγος ἦν
πρὸς τὸν θεόν, καὶ θεὸς ἦν ὁ λόγος."
Jean 1.1 :
Ἐν {G1722, préposition} dans / en
ἀρχῇ {G746, nom, féminin singulier, datif}
commencement
ἦν {G2258, verbe, indicatif imparfait, 3e
personne singulier} était
ὁ {G3588, article défini, masculin singulier,
nominatif} le
λόγος, {G3056,
nom, masculin
singulier, nominatif} parole
(et non pas "verbe") ; en grec, "parole" est masculin.
καὶ {G2532, conjonction} et
ὁ {G3588, article défini, masculin singulier,
nominatif} le
λόγος
{G3056, nom, masculin
singulier, nominatif} parole
ἦν {G2258, verbe, indicatif imparfait, 3e
personne singulier} était
πρὸς {G4314,
préposition}
vers (dans le sens de "auprès")
τὸν {G3588, article défini, masculin singulier,
accusatif} le
θεόν, {G2316,
nom, masculin
singulier, accusatif} Dieu
καὶ {G2532, conjonction} et
θεὸς {G2316,
nom, masculin
singulier, nominatif} Dieu
ἦν {G2258, verbe, indicatif imparfait, 3e
personne singulier} était
ὁ {G3588, article défini, masculin singulier,
nominatif} le
λόγος. {G3056,
nom, masculin
singulier, nominatif} parole
Jean ( traduction "Darby 1872" ) :
1.1
"Au commencement était la Parole; et la Parole était auprès de Dieu ;
et la Parole était Dieu."
Jean ( traduction "Segond 1910" )
:
1.1
"-Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la
Parole était Dieu."
Jean ( traduction "Chouraqui" ) :
1.1
"Entête, lui, le logos et le logos, lui, pour Elohîms, et
le logos, lui, Elohîms."
N’oublions pas qu’en grec, les mots sont souvent à
sens inverse du français. Ainsi, "Dieu
était la Parole" est en réalité ici "la Parole était Dieu". En
comparaison, "Blanc est le frigo"
serait en réalité "Le frigo est
blanc".
Plusieurs versets sont très bien traduits dans la
version "Chouraqui" ; mais
aussi, plusieurs versets ne sont pas traduits fidèlement. Aussi, la "Chouraqui" semble avoir voulu
utiliser le style hébreu de l'Ancien
Testament pour certains versets dans la traduction française à partir du grec du Nouveau
Testament, mais en ayant ainsi malheureusement modifié plusieurs mots
et plusieurs versets.
Que devons-nous penser d'une traduction qui n'est pas toujours fidèle dans ce qui est très simple à
traduire tout en enlevant, ajoutant et modifiant des mots ?
Luc 16.10: "Celui
qui est fidèle dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes,
et celui qui est injuste dans les moindres choses l'est aussi dans les
grandes."
En
général, la "Chouraqui" est une très bonne version, mais à cause de
certains versets volontairement modifiés, comment le lecteur du commun
pourrait-il savoir si c'est bien traduit ou non. Dans ce cas, il serait
bon de comparer avec plusieurs interlinéaires, car même dans certains
interlinéaires, il y a des mots qui ne sont pas précis.
Par exemple, en "1 Jean 2.28", concernant le mot grec ἀπ’ (Strong G-575, ἀπ’ / ἀπό, "depuis"), quelques-uns le traduisent faussement par "loin de" (probablement influencés par une croyance déjà préconçue).
Ce mot grec ἀπ’ (ou ἀπό) signifie "depuis" ; et on pourrait le rendre en français tout simplement par "devant" dans ce verset 28, comme le traduisent assez bien certaines versions. Ce mot grec ne signifie donc pas "éloigner de", ni "loin de", mais "depuis".
Il est donc bon de comparer plusieurs versions et les notes quand il y en a.
Que le lecteur soit béni richement !
rh
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