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Habacuc
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▲1.1 La proclamation dont fut
chargé le prophète Habaquq dans une vision.
1.2
Jusqu'où, SEIGNEUR, mon appel au secours ne s'est-il pas élevé ? Tu
n'écoutes pas. Je te crie à la violence, tu ne sauves pas.
1.3
Pourquoi me fais-tu voir la malfaisance ? acceptes-tu le spectacle de
l'oppression ? En face de moi, il n'y a que ravage et violence ;
lorsqu'il y a procès, l'invective l'emporte.
1.4 Alors,
la loi est engourdie, et le droit ne voit plus jamais le jour. Quand un
méchant peut garrotter le juste, alors, le droit qui vient au jour est
perverti.
1.5 Voyez
le spectacle parmi les nations, soyez pris de saisissement ! Car, dès
maintenant, quelqu'un passe aux actes, et vous n'y prêtez pas foi quand
on vous le rapporte !
1.6 Car me
voici ! Je fais surgir les Chaldéens, ce peuple impitoyable et
impétueux qui parcourt des étendues de pays pour s'approprier des
demeures qui ne sont pas à lui.
1.7 Il est
épouvantable et terrible, c'est lui-même qui fonde son droit et sa
suprématie.
1.8 Ses
chevaux sont plus lestes que des léopards, ils ont plus de mordant que
les loups du soir. Ses cavaliers se déploient, ses cavaliers viennent
de loin, ils volent comme l'aigle qui fond sur sa proie.
1.9 Tout à
la violence, le voilà qui vient, le visage tendu vers l'avant ; il a
entassé des captifs comme du sable.
1.10 C'est
lui qui se moque des rois, les princes sont un jouet pour lui. C'est
lui qui se joue de toute forteresse : pour la prendre, il fait une
levée de terre.
1.11 C'est
alors que l'esprit a changé. Il a passé outre et s'est rendu coupable ;
celui-là, sa force est son dieu !
1.12
N'est-ce pas toi qui, dès l'origine, es le SEIGNEUR, mon Dieu, mon
Saint ? Nous ne mourrons pas ! SEIGNEUR, tu l'as établi pour le
jugement ; Rocher, tu l'as affermi pour un rappel à l'ordre.
1.13 Tu as
les yeux trop purs pour voir le mal, tu ne peux accepter le spectacle
de l'oppression ; pourquoi donc acceptes-tu le spectacle des traîtres,
gardes-tu le silence quand un méchant engloutit plus juste que lui ?
1.14 Tu
fais désormais les hommes à l'image des poissons de la mer, de ce qui
grouille sans maître :
1.15
celui-là les tire tous à l'hameçon, il les drague au filet, les ramasse
au chalut. Alors, il est joyeux, il exulte,
1.16 alors,
il offre un sacrifice à son filet, de l'encens à son chalut, car ils
sont gonflés pour lui d'une part abondante, d'une nourriture copieuse.
1.17 Alors,
videra-t-il son filet pour encore assassiner des nations sans trêve ni
pitié ?
▲2.1 Je tiendrai bon à mon poste
de garde, je resterai debout sur les retranchements. Je guetterai pour
voir ce qu'il dira contre moi et ce que je répondrai au rappel à
l'ordre.
2.2 Le
SEIGNEUR m'a répondu, il m'a dit : Ecris une vision, donnes-en
l'explication sur les tables afin qu'on la lise couramment,
2.3 car
c'est encore une vision concernant l'échéance. Elle aspire à sa fin,
elle ne mentira pas ; si elle paraît tarder, attends-la, car elle
viendra à coup sûr, sans différer.
2.4 Le
voici plein d'orgueil, il ignore la droiture, mais un juste vit par sa
fidélité.
2.5
Assurément le vin est traître : cet homme présomptueux ne reste pas à
sa place, lui qui élargit sa gorge comme la Fosse, insatiable comme la
mort. Il a entassé près de lui toutes les nations, attiré à lui tous
les peuples.
2.6 Mais
ceux-ci, tous ensemble, ne lanceront-ils pas contre lui des formules
d'une ironie mordante ? On dira : MALHEUR ! Il accumule ce qui n'est
pas à lui ! Jusques à quand ? Il se charge d'une dette de plus en plus
lourde.
2.7 Ne
vont-ils pas se dresser tout à coup, tes créanciers, se réveiller, ceux
qui te secoueront ? Tu deviendras une bonne prise pour eux !
2.8 Comme
tu as pillé des nations en nombre, tout le reste des peuples te
pillera, à cause du sang humain, à cause de la violence faite au pays,
à la cité et à tous ses habitants.
2.9 MALHEUR
! Il se taille une part malhonnête pour sa maison, afin de faire son
nid tout en haut pour esquiver la main du malheur.
2.10 C'est
la honte de ta maison que tu as décidée : causer la fin de peuples en
nombre est une atteinte à ta propre vie.
2.11 Oui,
la pierre du mur criera, et la poutre de la charpente lui répondra.
2.12
MALHEUR ! Il construit une ville sur le sang, il fonde une cité sur le
crime !
2.13 Ceci
ne vient-il pas du SEIGNEUR de l'univers : Les peuples peinent pour du
feu, les nations s'éreintent en vain ;
2.14 car le
pays sera rempli de la connaissance de la gloire du SEIGNEUR, comme les
eaux comblent la mer ?
2.15
MALHEUR ! Il fait boire son prochain ! Tu mêles ton poison jusqu'à
l'ivresse pour qu'on jouisse du spectacle de sa nudité.
2.16 Tu es
gorgé d'infamie et non de gloire ! A ton tour de boire et d'exhiber ton
prépuce : la coupe de la droite du SEIGNEUR se renverse sur toi, et
après la gloire, c'est la déconvenue !
2.17 Oui,
la violence faite au Liban te submergera, et les bêtes qui ravageaient
seront écrasées à cause du sang humain, à cause de la violence faite au
pays, à la cité et à tous ses habitants.
2.18 A quoi
bon une statue, sculptée par l'artisan, ou fondue pour enseigner la
fausseté, si l'artisan de cet ouvrage se confie en lui pour en faire
des idoles muettes ?
2.19
MALHEUR ! Il dit à un morceau de bois : « Lève-toi ! » ou : «
Réveille-toi ! » à une pierre silencieuse, et annonce : « Elle va
enseigner ! » La voici plaquée d'or et d'argent, mais aucun souffle ne
l'anime.
2.20 En
revanche, le SEIGNEUR est dans son temple saint : Silence devant lui,
terre entière !
▲3.1 Prière du prophète Habaquq.
Sur le mode des complaintes.
3.2
SEIGNEUR, j'ai entendu ce que tu as annoncé, je suis saisi de crainte.
SEIGNEUR, vivent tes actes au cours des années ! Au cours des années,
fais-les reconnaître, mais dans le bouleversement rappelle-toi d'être
miséricordieux !
3.3 Dieu
vient de Témân, le Saint du mont Parân. Pause Sa majesté comble le
ciel, sa louange emplit la terre.
3.4 La
lumière devient éclatante. Deux rayons sortent de sa propre main :
c'est là le secret de sa force.
3.5 Devant
lui marche la peste, et la fièvre met ses pas dans les siens.
3.6 Il
s'est arrêté, il a pris la mesure de la terre. Il a regardé et fait
sursauter les nations. Les montagnes éternelles se sont disloquées, les
collines antiques se sont effondrées. A lui les antiques parcours !
3.7 J'ai vu
les tentes de Koushân réduites à néant ; les abris du pays de Madiân
sont bouleversés.
3.8 Le
SEIGNEUR s'est-il enflammé contre des rivières ? Ta colère
s'adresse-t-elle aux rivières, ta fureur à la mer, lorsque tu montes
sur tes chevaux, sur tes chars victorieux ?
3.9 Ton arc
est mis à nu, les paroles des serments sont des épieux. Pause Tu
crevasses la terre par des torrents.
3.10 Les
montagnes t'ont vu : elles tremblent. Une trombe d'eau est passée,
l'Abîme a donné de la voix, il a tendu ses mains vers le haut.
3.11 Le
soleil et la lune se sont arrêtés dans leur demeure à la lumière de tes
flèches qui partent, à l'éclat foudroyant de ta lance.
3.12 Tu
parcours la terre dans ton courroux, tu foules aux pieds les nations
dans ta colère.
3.13 Tu es
sorti pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton messie. Tu as
décapité la maison du méchant : place nette au ras des fondations !
Pause
3.14 Tu as
percé de leurs propres épieux la tête de ses chefs, alors qu'ils
arrivaient en tempête pour m'écarteler allègrement, comme si, dans
l'embuscade, ils dévoraient déjà le vaincu.
3.15 Tu as
frayé le chemin de tes chevaux dans la mer, dans le bouillonnement des
eaux puissantes.
3.16 J'ai
entendu et je suis profondément bouleversé. A ce bruit, mes lèvres
balbutient, je suis tout décomposé. Je reste sur place, bouleversé. Car
je dois attendre sans bouger le jour de la détresse, pour monter vers
le peuple qui nous assaille.
3.17 Oui,
le figuier ne fleurit pas, les vignes ne rapportent rien, la culture de
l'olivier trompe l'attente, les champs ne donnent rien à manger, le
petit bétail disparaît des bergeries, il n'y a plus de gros bétail dans
les étables.
3.18 Moi,
je serai dans l'allégresse à cause du SEIGNEUR, j'exulterai à cause du
Dieu qui me sauve.
3.19 Le
SEIGNEUR est mon seigneur, il est ma force, il rend mes pieds comme
ceux des biches et me fait marcher sur mes hauteurs. Du chef de chœur.
Avec mes instruments à cordes.
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- FIN -
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